Psycho-Criminologie

Psycho-Criminologie

psychologie et criminologie

"charles_sobhraj portrait" "psycho-criminologie.com"

 

Nombre de victimes : environ 12
Type de victimes : jeunes hommes et femmes touristes beatnik
Période : 1970-1976
Surnom : Bikini Killer, The Splitting Killer, Le Serpent  
Nom : Hatchand Bhaonani Gurumukh, dit Charles Sobhraj   
Date de naissance : 6 avril ou 6 juin 1944 
Lieu de naissance :  Saïgon
Sexualité : Hétérosexuel
Taille : 1m72
Poids : 70 kg
Mariage :  Chantal Compagnon - Nihita Biswas
Enfants : 2 filles , Usha Sobhraj et Muriel Anouk, 1 fils Prank -   
Parents : Tran Loang Phun  (mère) - Sindhi Sobhraj Hatchand Bhaonani (père)    
Niveau d'études : lycée, mais Sobhraj est intelligent et parle plusieurs langues
Diagnostic : psychopathe, manipulateur
Type de tueur : mobile financier - tueur de type organisé
Modus operandi : Charles Sobhraj se lie d'amitié avec de jeunes routards occidentaux et des hippies à qui il prodigue des conseils, leur faisant miroiter de "bons plans". Il se montre sympathique et inspire la confiance et alors qu'ils se trouvent autour d'un verre, Sobhraj ou un de ses complices drogue le contenu. Il raccompagne ensuite ses victimes dans leur chambre, passant leurs affaires au peigne fin, leur volant leur argent, leur passeport dont il va se servir pour voyager et fuir. Parfois, il en fait ses complices, mais finit toujours par les tuer par peur de les voir le dénoncer.


Type d'armes utilisées : poison, médicament, seringue, essence
Totem : Passeports  (mais à des fins utiles et non comme souvenirs de ses victimes)

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"charles_sobhraj à katmandou"

     Les Faits

     Charles Sobhraj est un tueur en série français d'origine vietnamienne et indienne qui a assassiné plusieurs touristes occidentaux en Asie du sud-est durant les années 1970. Surnommé "Le Bikini Killer", il a été condamné pour 12 meurtres et emprisonné en Inde en 1976. Libéré,  Sobhraj s'est retiré à Paris avant de retourner au Népal en 2003 où il a été arrêté, jugé et condamné à la prison à perpétuité.

 

"Charles Sobhraj en 1956 " "psycho-criminologie.com"

   Charles Sobhrajj en 1956

     Jeunesse

    Charles Sobhraj est né sous le nom de Hatchand Bhaonani Gurumukh. Il est le fils d'une vietnamienne, Tran Loang Phun et de l'homme d'affaires indien Sindhi Sobhraj Hatchand Bhaonani, deux fois plus âgé qu'elle et basé à l'époque à Saïgon. Alors que l'enfant est très jeune, ses parents se séparent et son père quitte le foyer "conjugal" laissant Hatchand à Tran afin de rentrer en Inde, pour y retrouver sa femme légitime et ses enfants. Charles Sobhraj non reconnu officiellement (car, rejeté dès le départ par son père) demeure alors inconnu sur les registres de l'état civil et n'a pas d'existence aux yeux de l'Etat et de la famille de son père.
    Sa mère va se remettre en couple rapidement alors même qu'elle est enceinte d'un de ses amants et c'est un lieutenant de l'armée française, Alphonse Darreau basé en Indochine qui va prendre l'enfant sous son aile et devenir son père de substitution.

la mère de charles_sobhraj "psycho-criminologie.com"

Tran Loang Phun, la mère de Charles Sobhraj


    Au fur et à mesure que naissent les enfants naturels du couple (ils en auront 6), Charles se voit mettre peu à peu de côté et négligé entre deux allers et retour de Darreau entre la France et l'Indochine. A 4 ans, l'enfant s'éduque avec les filles de joie des rues et n'hésite pas, déjà, à insulter ses parents, de sorte que sa mère l'enferme quand le couple reçoit des amis à diner. Cependant, Darreau prend le gamin en pitié et persuade Dindhi Sobhraj de reconnaitre son fils en échange de faire son éducation et de lui donner le logis et le couvert. Celui qui s'appelle encore Hatchand a pour la première fois de sa vie d'enfant, une identité aux yeux de la loi.
    Alors qu'il a 12 ans, la famille part pour Dakar où Darreau est envoyé. Hatchand n'aime pas cette ville et se montre difficile, mais aimant avec ses demi-frères et soeurs pour qui il interprète de petites pièces de théâtre. A 15 ans, sa mère décide de le faire baptiser et choisit pour lui les prénoms de Charles Gurumukh.
   Toujours perdu, Hatchand commence à commettre divers délits mineurs comme ne pas payer son ticket de cinéma, se mettre à  voler à la tire, à cambrioler. A l'école, il se montre mauvais élève alors même qu'il parle trois langues. Son professeur dira de lui que c'est un garçon "paresseux et indiscipliné".

"Charles Sobhraj en 1960 " "psycho-criminologie.com"

    Charles Sobhraj en 1960

     Quelques mois plus tard, la famille Darreau déménage à nouveau et s'installe cette fois à Marseille. La situation pour Charles ne s'améliore pas. A 16 ans, il a toujours de l'énurésie montrant un problème psychologique profond non traité et non pris en compte. Son caractère ne s'améliore pas et il devient vite infernal. Ses actes de délinquances se poursuivent et il n'hésite pas à menacer les personnes qui ne veulent pas lui acheter les cartes de Noël qu'il tente de vendre.
    Sa mère et Darreau en ont assez et décident de le placer en pensionnat d'où il s'échappera pour tenter de rejoindre son père génétique en Asie, sans succès puisqu'il se fera reprendre à Djibouti après avoir tenté de voler le passeport d'un marin.
    Charles est alors envoyé à Paris pour y apprendre le métier de cuisinier et travaille durant quelques mois dans des restaurants vietnamiens. C'est là qu'il va retrouver son père, Sindhi, qui décide que son fils mérite mieux comme situation et qui va le prendre en charge en l'emmenant à Saïgon pour lui apprendre le métier de tailleur. Mais arrivé là-bas, Charles, peu enclin au travail dur imposé par son père reprend ses mauvaises habitudes et traine dans les rues avec les prostitués et se met à voler des voitures. Finalement, son père le met dehors et Charles décide de revenir à Marseille où il supplie sa mère de le reprendre. Tout au plus celle-ci accepte-t-elle de lui payer le retour en vendant ses bijoux, mais lui fait comprendre que sa place n'est plus chez eux. 

"Charles Sobhraj jeune adulte " "psycho-criminologie.com"

  Charles Sobhraj jeune adulte

     Premiers séjours en prison


    Après quelques petits boulots, il s'acoquine avec une jeune femme et se remet à voler. Il se fait arrêter pour excès de vitesse et vol de véhicule et écope de 6 mois de prison. Il fera sa peine dans la prison de Grasse où il apprend l'Italien et les arts martiaux.
    A sa sortie, on lui annonce qu'il sera reconduit à la frontière s'il n'obtient pas ses papiers. Demandant là aussi l'aide de sa mère, celle-ci refuse, et lui fait savoir qu'il doit maintenant s'en sortir seul. Il part pour Paris et rencontre un caïd vietnamien qui le prend sous son aile et lui obtient de faux papiers pour 3000 francs. Pour payer sa dette, il se remet à voler des véhicules et se fait à nouveau arrêter. Cette fois, il se fait condamner à trois ans de prison.
    Nous sommes en 1963, il a 19 ans et purge sa détention à la prison de Poissy, près de Paris.
   Lors de son incarcération, il apprend à exercer son talent de la persuasion et de la manipulation auprès des responsables de prison afin que lui soient accordés certains avantages comme le droit de conserver des livres dans sa cellule. C'est à la même époque qu'il rencontre un jeune homme riche et qui est visiteur bénévole, Félix d'Escogne...

 

"chantal compagnon charles_sobhraj" "psycho-criminologie.com"

   Chantal Compagnon

    Félix d'Escogne et Chantal

     D'Escogne est un jeune homme de bonne famille, cadre dans une grande entreprise qui se rend en prison pour aider les détenus à écrire des lettres à leur famille où simplement leur rendre visite. C'est dans ce cadre que Félix rencontre Charles Sobhraj qui le manipule en lui racontant sa vie, lui mentant sur sa vie et sa famille, faisant passer ses parents pour des monstres. A sa libération conditionnelle, Charles s'installe chez Félix et vit à ses crochets durant de longs mois sans chercher de travail. Il aime se rendre aux soirées chics des amis de Félix, mais aime tout autant fréquenter la pègre. A une de ces soirées, Charles rencontre Chantal Compagnon, une jeune femme de 20 ans dont il tombe amoureux et qu'il veut épouser. Il lui fait croire qu'il est de famille riche et son érudition et sa culture font le reste pour la persuader alors que la famille de la jeune femme rejette même l'esquisse de cette union. 
    Un soir, il emmène sa conquête à Deauville, joue au Casino et perd de fortes sommes. Furieux, il repart en voiture et se dispute avec Chantal à qui il reproche sa perte d'argent. Zigzagant sur la route, il se fait prendre en chasse par la police et a un accident, blessant sa compagne. Arrêté sans permis, il est renvoyé en prison pour 8 mois. Cette fois, ce sera Rouen. Il profite de la prison pour apprendre le droit et faire passer des plans d'un appartement à cambrioler à ses amis sbires de la pègre. Quand il ressort, il a un joli pactole de côté (15 00 francs de l'époque) et épouse Chantal qui tombe enceinte peu après.


    Avec elle, il fuit la France et part en 1970 pour l'Asie afin d'éviter d'être rattrapé par la justice et se rend ensuite, toujours avec sa femme en Europe de l'est avec des faux documents et vole des touristes avec qui le couple s'est lié d'amitié. Finalement, Charles Sobhraj et Chantal arrivent à Mumbai où la jeune femme donne naissance à leur enfant, une petite fille qu'ils nomment Usha.
    La vie de famille et la naissance ne calment pas Sobhraj qui continue à voler des voitures, et à organiser des cambriolages. L'argent qu'il gagne passe dans les casinos et le conduit après une tentative de vol infructueuse dans la bijouterie de l'hôtel Ashoka, à l'arrestation. Il parvient néanmoins à s'échapper avec l'aide de sa femme, mais se fait rattraper. Incarcéré, il demande à son père Dindhi de lui prêt l'argent de la caution et assure qu'il le remboursera. Celui-ci accède à sa demande, et libre, Charles s'enfuit pour Kaboul avec Chantal. 
   Sur place, il poursuit ses délits et vole les touristes qui emprunte le "chemin des hippies", leur piquant leur passeport et finit à nouveau par être arrêté. Une nouvelle fois il s'échappe en feignant être malade et parvient, une fois à l'hôpital, à droguer son gardien et à quitter sa chambre pour retrouver la rue, libre. Cette fois, Sobhraj laisse sa famille derrière lui et gagne l'Iran. Finalement, Chantal en a assez de cette vie d'errance et de délinquance et préfère retourner en France avec leur fille pour lui assurer un avenir plus serein et redémarrer quelque chose de plus sain. 

 

Charles sobhraj et ses complices

Ajay Chowdhury, Marie-Andrée Leclerc et C. Sobhraj
    

      Marie-Andrée Leclerc et Ajay Chowdhury

       Charles Sobhraj passe les deux années suivantes à fuir, parvenant à passer les mailles de la police en utilisant des passeports volés toujours à des touristes. Avec eux, il parvient à se rendre tour à tour en Europe de l'Est et au Moyen-Orient où il est finalement rejoint par son demi-frère, André Darreau, à Istanbul. Sobhraj entraine son cadet dans ses actes délictueux et tous les deux sévissent à Athènes avant de se faire arrêter. Toujours affublé de sa bonne étoile et grâce à un tour de passe-passe, il parvient à se faire passer pour quelqu'un d'autre et parvient à fausser compagnie aux policiers, laissant son frère André à leurs mains qui écopera lui, de 18 ans de prison.
    Sobhraj se fait ensuite passer pour un vendeur de pierres précieuses auprès de touristes qu'il dépouille, devient trafiquant de drogues auprès d'autres touristes qu'il arnaque. Fuyant ensuite vers la Thaïlande, il rencontre celle qui va devenir sa deuxième compagne, Marie-Andrée Leclerc née en 1945 et originaire de Lévis au Québec. Très vite la jeune femme tombe sous la coupe de son amant et se montre subjuguée par cet homme, acceptant ses crimes. Elle n'est pas la seule puisque Sobhraj parvient à monter un gang en attirant à lui des petites frappes. Il gagne leur fidélité et va même s'attirer les amitiés d'anciens policiers en les aidant. En contrepartie, il leur demande de récupérer pour lui les passeports qu'il a lui-même auparavant volés et qui ont été repris. Parmi les hommes qui le suivent, il y a en a qui se montre plus particulièrement proche de lui. Il s'agit d'un jeune indien du nom de Ajay Chowdhury, qui devient son second.

"charles_sobhraj et marie-andrée Leclerc" "psycho-criminologie.com"
 

  Charles_Sobhraj et marie-andrée Leclerc

    Les meurtres


   Les deux hommes vont commettre leurs premiers assassinats en 1975. Les victimes ? Des femmes et hommes qui les fréquentent, à qui ils vendent de la drogue, qu'ils recrutent aussi parfois pour les aider à commettre leurs forfaits avant de les tuer quand ceux-ci vont chercher à les faire chanter ou à se défaire de leur emprise.
   Parmi les victimes, on compte Teresa Knowlton (surnommé Jennie Bollivar, dans le livre "
La trace du serpent"), originaire de Seattle qui va être retrouvée noyée dans la nuit du 15 eu 16 octobre 1975 dans un bassin alors qu'elle portait un bikini fleuri, aux abords de
Pattaya, en Thaïlande. Plusieurs mois s'écouleront avant que l'autopsie, ainsi que certaines preuves médico-légales ne révèlent qu'il s'agit d'un meurtre et non d'un accident de noyade.

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Teresa Knowlton


    La victime suivante est un jeune juif séfarade, Vitali Hakim qui va être frappé et brûlé vif le 28 novembre 1975. Son corps sera retrouvé sur la route de la station balnéaire, toujours à Pattaya où Sobhraj et son gang vivent.

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Vitali Hakim


    Les étudiants néerlandais Henk Bintanja, 29 ans et sa compagne Cornelia Hemker, 25 ans seront les prochains. Le couple rencontre Sobhraj à Hong Kong et le suit en Thaïlande où ils sont invités. Comme la plupart, ils vont être empoisonnés dans un premier temps puis sauvés afin d'obtenir leur obéissance, mais la visite d'une ancienne connaissance va tout bouleverser. Charmayne Carrou, la petite amie de Vitali Hakim fait son apparition et vient s'enquérir des conditions de la disparition de son fiancé. Par peur qu'elle ne rencontre le couple, Sobhraj et son complice Chowdhury les tuent en les étranglant puis en brûlant leur corps le 16 décembre 1975. Quelques jours plus tard, c'est le corps de Charmayne qui va être retrouvé noyé. La police notera qu'elle porte tout comme la première victime de Sobhraj un bikini ce qui vaudra au français le surnom de "Bikini Killer".

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Cornelia hemker et Hank Bintanja


    Le 18 décembre, c'est la découverte par la police des corps des deux touristes, Henk et Cornielia. Alors que les inspecteurs se demandent qui les a assassinés, les coupables vont utiliser leur passeport respectif pour se rendre au Népal où ils vont là aussi tuer deux autres personnes, toujours des touristes : Laurent Carrière, un jeune homme de 26 ans originaire du Canada et son amie Connie Bronzich, 29 ans habitante des Etats-Unis. Puis Sobhraj et son complice s'en retournent tranquillement en Thaïlande, utilisant les nouveaux passeports avant que les corps de leurs victimes ne soient identifiés.

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Laurent Carriere

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Connie-Joe-Bronzich


     Les choses vont alors se gâter pour Sobhraj. Certains des membres de son gang vont se retourner contre lui en comprenant que comme les touristes, ils ne sont pas à l'abri d'être à leur tour assassinés pour se faire voler leur identité. Ils le dénoncent alors aux autorités avant de s'enfuir en France. Recherché, Charles s'enfuit avec Chowdhury à Varanasi, puis Calcutta où il tue le savant israélien Avoni Jacob avec l'intention là encore de s'emparer de son passeport.
    Il l'utilise pour se rendre à Singapour, puis en Inde et en mars 1976 à Bangkok.

Herman Knippenberg

Herman Knippenberg


    Un diplomate, le néerlandais Herman Knippenberg décide d'enquêter sur les décès de ses compatriotes Henk Bintanja et Cornielia Hemker et rassemble peu à peu des preuves contre Charles Sobhraj. Grâce à son rang, il persuade la police de lui laisser fouiller l'appartement du français un mois après que celui-ci se soit enfui. Il recueille des documents, met la main sur les passeports des victimes ainsi que sur des poisons et des seringues. Pendant ce temps, Sobhraj est en Malaisie où il se fait remettre des pierres précieuses par son complice avant de le tuer et de faire disparaitre son corps qui ne sera pas retrouvé.

    De retour en Asie, Sobhraj tente de se refaire une santé et de remonter un gang en recrutant des occidentaux et notamment Barbara Smith et Mary Ellen Eather  avant de s'en prendre à un français, Jean-Luc Solomon qu'il empoisonne.

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   Charles_Sobhraj à new delhi en avril 1977

   L'arrestation

    C'est en juillet 1976 que ses méfaits vont enfin prendre fin avec sa capture. Alors qu'il se trouve avec ses complices, il tente de s'en prendre à des étudiants français en leur servant de guide touristique et les drogue en leur donnant des pilules empoisonnées qu'il fait passer pour des médicaments anti-dysenterie. Si certains des étudiants perdent connaissance plus rapidement que prévu, d'autres comprennent ce qui se passe et parviennent à le maîtriser avant d'appeler la police.

    Arrêtées, les complices de Sobhraj, Barbara Smith et Mary Ellen Eather se mettent rapidement à table, avouent et parlent du meurtre du français Salomon pour tenter de se dédouaner. Sobhraj est dans la foulée accusé du meurtre de ce dernier, mais c'est tous ensemble qu'ils vont se retrouver devant le tribunal et envoyé à la prison de Tihar, à New Delhi dans l'attente du procès officiel.

   

Smith et Eather complices de Charles Sobhraj "psycho-criminologie.com"

    Smith et Eather complices de Charles Sobhraj

 

     Le procès

      Celui-ci ne va se dérouler que deux ans plus tard. Deux années durant laquelle Smith et Eather essayeront de se suicider. Quant à Sobhraj, il est aux antipodes de leur acte. Au contraire, lui, ne pense qu'à s'échapper en achetant ses geôliers. Il faut dire que l'homme n'est pas rentré sans rien en cellule. Il a sur lui les pierres précieuses qu'il avait pris soin de dissimuler lors de son arrestation. Pour un temps il soudoie les gardiens, ce qui lui permet de vivre plutôt confortablement durant sa détention et s'il ne peut parvenir à s'enfuir, Sobhraj va tenter de tourner le procès à son avantage et surtout en spectacle. Il engage et renvoie ses avocats tour à tour, il fait venir son frère André récemment libéré des geôles de Turquie, il fait une grève de la faim, etc.

   Son attitude ne l'aide pas, mais au lieu de la peine de mort attendue notamment pour le meurtre de Solomon, il écope de 12 ans de prison. Sa petite-amie Marie-Andrée Leclerc est, elle, reconnue coupable d'avoir drogué les étudiants français. Elle sera libérée ensuite et renvoyée au Canada alors que lui est diagnostiqué un cancer des ovaires. Jusqu'à la fin, elle va clamer son innocence et demeurera fidèle à son amant jusqu'à son décès en avril 1984. 

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Marie andrée Leclerc et Charles Sobhraj escortés de la prison au tribunal

    En prison
   

   Sobhraj mène une véritable vie de luxe en soudoyant ses geôliers. Il possède la télévision, se fait servir des diners gastronomiques qu'il partage parfois avec d'autres prisonniers ou même avec ses matons. Il donne aussi des interviews comme une star, parlant librement de ses meurtres sans jamais les avouer ouvertement et fait savoir que ses actions étaient en fait un combat contre l'impérialisme occidental en Asie.
   A deux ans de sa fin de peine, il prépare sa fuite, en organisant une grande fête pour ses gardiens et ses codétenus, profitant des aliments et de la boisson pour les droguer avec des somnifères avant de sortir presque tranquillement de la prison.

la sculpture de Charles Sobhraj au restaurant O'Coquero

La sculpture de Charles Sobhraj au restaurant O'Coquero


   Il ne va pas profiter longtemps de ses instants de liberté, car l'inspecteur Madhukar Zende de la police de Mumbai le rattrape alors qu'il se trouve dans un restaurant de Goa, le "O'Coquero". En guise de représailles, la justice indienne le condamne à effectuer dix ans de plus.
   Pourquoi cette fuite ? Par peur de se voir extrader avant la fin de sa peine vers la Thaïlande où l'attend un mandat toujours valable et qui peut lui valoir la peine de mort.

    Libération

    Le 17 février 1997, Charles Sobhraj est enfin libre et plus aucun mandat ne court contre lui. Il ne craint plus l'extradition et c'est tout tranquillement qu'il prend l'avion pour la France et plus particulièrement pour la banlieue parisienne où il s'installe. Sans travail, il a l'idée de proposer et de vendre ses interviews, des photos, et pour cela engage un agent publicitaire qui va se charger de lui trouver des contrats. Ainsi, il va facturer près de 15 millions de dollars pour les droits basés sur sa vie.

Charles Sobhraj rattrapé conduit au tribunal

    Nouvelle condamnation

    Mais le 17 septembre 2003, il fait une erreur en se rendant au Nepal et plus particulièrement à Katmandou où il est reconnu par un journaliste qui le dénonce. Son désir d'attention et sa confiance excessive dans son propre intellect l'ont perdu. La police l'arrête au casino de l'hôtel Yak et Yeti. la justice népalaise le condamne à la prison à vie le 20 août 2004 pour les meurtres de Connie Bronzich et Laurent Carrière. Les preuves utilisées contre lui proviennent des dossiers du diplomate néerlandais qui avait déjà aidé les autorités à le coincer et Interpol.
    Sobhraj fait appel de la décision, arguant qu'il a été condamné sans vrai procès, mais sa condamnation est confirmée par la Cour d'Appel de Patant en 2005.
     Fin 2007, son avocat en appelle à Nicolas Sarkozy pour intercéder auprès du Népal, mais le président français refuse de se mêler de l'affaire et Sobhraj reste incarcéré. L'homme a cependant un régime carcéral plutôt tranquille et là aussi avec des avantages. "Permission spéciale, prisonnier VIP !" lance un policier. "Très célèbre", renchérit un autre. Ses gardiens l'appellent "Monsieur Charles". Il gagne même l'amitié des autres prisonniers. "Tant que je peux parler aux gens, je peux les manipuler", déclare-t-il à son biographe Richard Neville.

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    Nihita Biswas

     Mariage

      En 2008, Charles Sobhraj annonce ses fiançailles avec une Népalaise,  la fille de son avocate du nom de Nihita Biswas (qui profitera de sa notoriété gagnée en s'unissant avec lui pour participer à la télé-réalité "Bigg Boss") qu'il épousera le 9 octobre à la prison de Bada Dashami (mais le mariage sera rejeté par les autorités). Le 7 juin de la même année, il fait savoir qu'il n'a jamais été reconnu coupable par aucun tribunal et donc qu'on ne doit pas le qualifier de "Tueur en série".

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  Charles_sobhraj pour son appel à katmandou

     Appel et suite

    En juillet 2010, Sobhraj porte son affaire devant la Cour Suprême et fait appel de la décision concernant le meurtre de Connie Jo Bronzick, en 1975 et accusant ses juges de racisme. Le 30 juillet, la Cour Suprême confirme le verdict rendu précédemment et lui met une amende de 200 roupies pour avoir utilisé un faux passeport pour voyager. La saisie de tous ses biens est également ordonnée. Son "épouse" proteste contre cette décision et le fait savoir à tous ce qui lui vaut elle aussi de passer devant le tribunal et de se faire condamner pour outrage ainsi que sa mère, avocate de Sobhraj.

charles-sobhraj prison

     Si le Bikini Killer pense en avoir fini avec la justice, le tribunal du district de Bhaktapur se rappelle à lui en lui faisant miroiter une future condamnation pour le meurtre du Canadien Laurent Carrière.
    Le 18 septembre 2014, il est également reconnu coupable de ce meurtre.

    Malade, Charles Sobhraj est opéré plusieurs fois en 2018 pour des ennuis cardiaques et subit de la chirurgie à coeur ouvert. Le tueur en série qu'il était ressemble aujourd’hui à un petit papy dont le corps frêle est éprouvé par les années de réclusion.

    Médias

    "Le serpent" ou le "Bikini Killer" a fait l'objet de quatre biographies, de trois documentaires, d'un film à Bollywood et maintenant d'une série sur Netflix. Dans les livres ou les articles consacrés à sa vie, les dates, les victimes, les noms, les lieux, les détails ne sont jamais les mêmes. Le roi de la manipulation et du mensonge a brouillé les pistes et fabriqué sa légende, en se perdant lui-même dans ses souvenirs et ses manipulations.

 

 

 
 

 

 

Victimes connues de Sobhraj

 

- Teresa Knowlton, 21 ans - noyée dans la nuit du 15/16 octobre 1975, Pattaya, Thaïlande
- Vitali Hakim, frappé et brûlé vif le 28 novembre 1975, Pattaya, Thaïlande
- Stéphanie Parry, noyée le 14 décembre , Pattaya, Thaïlande
- Henrick Bintanja, 29 ans, étranglé et brûlé vif, 16 décembre 1975, Pattaya, Thaïlande
- Cornelia Hemkar, 25 ans, étranglée et brûlée vive, 16 décembre 1975, Pattaya, Thaïlande
- Laurent Carrière, 26 ans, égorgé et brûlé, 21 décembre 1975, Katmandou, Népal
- Connie Jo Bronzich, 29 ans, poignardée et brûlée, 22 décembre 1975, Katmandou, Népal
- Allan Aren Avoni Jacob, 24 ans, étranglé, 5 janvier 1976, Calcutta, Inde
- Jean-Luc Salomon, 24 ans, drogué et empoisonné, 3 juillet 1976, Bombay, Inde

 

 

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LIVRES

 

Prix : 18€ (Broché) - 3.88€ (occasion)

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(en anglais)
Prix : 14.20€ (Broché) - 10.01€ (epub, mobi)

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Livre audio
Prix : 15€ (CD) - Gratuit avec Audiolibre

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Sources :
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Sobhraj
- https://people.bfmtv.com/series/tahar-rahim-incarnera-le-serial-killer-charles-sobhraj-dans-la-serie-the-serpent-co-produite-par-netflix-1731420.html
- https://www.streetpress.com/sujet/1511543679-charles-sobhraj-serial-killer-francais-accro-medias
- https://www.ouest-france.fr/monde/nepal/le-tueur-en-serie-francais-charles-sobhraj-opere-au-nepal-5057812
- https://www.lepoint.fr/monde/charles-sobhraj-serial-killer-ou-beau-parleur-15-01-2012-1419340_24.php
- https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1164845/marie-andree-leclerc-charles-sobhraj-meurtre-serie-touristes-archives

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