Psycho-Criminologie

Psycho-Criminologie

psychologie et criminologie

Publié le par Criminologie
Publié dans : #scène de crime, #Police scientifique, #Indices, #technicien en identification criminelle, #Empreintes
La scène de crime-psycho-criminologie.com
Photo : LP/Laurence ALLEZY

 

Dans les séries policières telles que "Les experts" ou "Section de recherches", les réalisateurs et les scénaristes font souvent focus sur elle :  la scène de crime qui recèle les éléments de base d'une affaire criminelle.
Une cohorte de personnes s'activent alors sur les lieux du crime : policiers, expert en criminalistique, pompiers, techniciens en identité judiciaire, etc.
La scène du crime est dite "primaire" quand il s'agit du lieu même où s'est déroulé le délit. Elle est appelée "secondaire" quand, par exemple, le corps d'une victime a été transporté sur un autre lieu  ou lui est lié (véhicule qui a servi à transporter le corps, par exemple).
C'est sur la scène de crime primaire que les indices vont en général êtres les plus nombreux, mais le lieu n'est pas toujours connu quand le corps est retrouvé sur un autre secteur.
Il est important pour la résolution de l'enquête que les règles de procédure soient respectées. La scène de crime doit donc être délimitée, sécurisée et photographiée dans un premier temps.
Dans un second temps, il va falloir relever les indices, identifier et interroger les témoins, les suspects, et faire la reconstitution du crime.
 

Sécuriser les lieux

Tenir éloigné les curieux, les badauds et les journalistes.
Rapidement une scène de crime peut être envahie par des personnes qui n'ont rien à y faire, mais qui jouent les curieux en vue de s'informer ou dans le cas journalistique rapporter les faits, voire plus.
La scène peut être occupée par tout un tas de personnes au moment de la découverte et dans les heures qui suivent : policiers, médecins, ambulanciers, experts, techniciens médicolégaux, etc.
Elle ne peut occuper qu'une pièce ou bien une vaste zone dans le cas, par exemple, d'attentat.
La première tâche à faire par le policier qui arrive sur les lieux est de porter assistance à la ou aux victimes vivantes. S'il y a des blessés, il faudra alors une intervention médicale même si cela veut dire destruction de certains indices. Sur le blessé devra être collecté avant opération ou soins, si possible, des taches de sang, poils, cheveux et autres indices possibles.
Le premier équipage de police ou gendarmerie arrivé sur les lieux devra retenir les éventuels suspects et témoins oculaires et noter leurs déclarations, en évitant de les tenir à l'écart les uns des autres pour éviter le transfert de traces, mais aussi pour éviter que le contenu de leur témoignage soit influencé.
La personne qui a signalé le crime devra être interrogée, retenue, et empêchée d'accéder à la scène de crime. Parfois cette personne est l'auteur du crime et signale le méfait afin de se donner une apparence d'innocence et de pouvoir accéder aux lieux afin d'y effacer les traces ou de brouiller les pistes. La scène de crime doit donc être sécurisé et circonscrite par des rubans de signalisation. L'identité des personnes accédants au lieu sera notée ainsi que les objets qui quitteront la scène.
Quand la scène se trouve en extérieur, l'équipe des techniciens mettra en place une tente afin de protéger le site des regards ou des intempéries.

Photo : Tahiti Infos


Les enquêteurs accédant aux lieux devront porter des combinaisons en papier ainsi que des surchaussures, des gants chirurgicaux, voire des masques afin d'éviter toute contamination des indices. Si quelqu'un doit traverser les lieux pour atteindre la victime ou un autre point sensible, un chemin d'accès sera tracé. Dans tous les cas, il ne faut pas que la victime d'un homicide soit déplacée ni aucun objet avant que l'expert médico-légal ne soit arrivé. 
S'il existe plusieurs scènes de crimes (ex : 1 primaire et 1 secondaire) pour un même méfait, l'expert médical ne doit pas couvrir les deux scènes afin de ne pas les contaminer par des éléments venant de la première et vice versa (contamination croisée). S'il n'y a qu'un seul expert, il devra donc subir une décontamination pour changer de site.

prise de photo scène de crime-psycho-criminologie.com

 

L'enregistrement des indices

Chaque indice retrouvé sur la scène de crime est photographié à côté d'une règle graduée afin d'en identifier la taille. Puis il sera photographié une seconde fois, seul. Si l'équipe n'a pas de règle, le technicien prendra un stylo ou une pièce de monnaie comme point de référence.
Il n'y a pas de début d'investigation sans prise de photo de la scène. En effet, elle doit être photographiée (dans la majorité des cas) avant que les victimes puissent être transportées à la morgue ou à l’hôpital. Les indices fragiles sont aussi photographiés avant d'être expédiés au laboratoire. Les blessures de la victime seront prises en gros plan et sous différents angles. Après la levée du corps, le technicien reprendra là aussi une série de photos. Si l'équipe possède une caméra, la scène sera filmée.
Chaque photo est ensuite numérotée et indexée avec la mention du lieu, de l'heure, de la date.
Une prise de note de la scène peut également être enregistrée, car elle permet de suivre le déroulé des changements apportés à la scène du crime : description, le lieu, la date, l'heure de la découverte de la scène, qui l'a découverte, etc.
Un schéma, des plans et des dessins de la scène seront réalisés pour indiquer la relation dans l'espace entre les objets ou entre un objet et le corps. Seuls les objets principaux y figureront ainsi que les plaies de la victime.

dessin scène de crime-psycho-criminologie.com
« Plan dressé sur les lieux » de la propriété de la femme Anceaume, assassinée en 1894, en la commune de Bouelle, arrondissement de Neufchâtel.

Les indices

Plus vite la scène de crime est trouvée et inspectée, plus le nombre d'indices non contaminés est susceptibles d'être trouvés.
A la découverte de la scène, l'équipe médico-légale va la fixer et la sceller pendant un temps qui peut évoluer entre quelques heures, une journée à plusieurs jours suivant le nombre d'indices à récolter, à photographier, et l'importance du crime. Plus il y a d'enquêteurs, plus vite la scène sera couverte. Les zones seront alors divisées en secteurs et inspectée en ligne droite ou en croisillons. Si les indices se trouvent à l'extérieur et à l'intérieur, ce sont ceux de l'extérieur qui seront les premiers récoltés avant que les intempéries ne les fassent disparaître. Les recherches vont également se concentrer sur les points d'arrivée et de départ du criminel.

collecte d'empreintes- "psycho-criminologie.com"

La collecte

Le technicien en identification criminelle (le CDT) va utiliser des kits de dépistage spécifiques afin de collecter les empreintes digitales, traces de sang, traces de pas, empreinte de pneus, etc.
Les cheveux sur les vêtements vont être recueillis en secouant ou en brossant doucement et introduit dans des sachets, numérotés et datés.
Les empreintes digitales vont être recherchées en priorité. Elles peuvent apparaître dans des traces de sang, sur un verre, sur de la peinture, sur un meuble poussiéreux, sur une porte, etc. Elles peuvent être latentes et invisibles, mais vont être détectables grâce à une technique au laser. Les empreintes seront saupoudrées avec une substance chimique qui deviendra fluorescente sous éclairage laser. Pour les traces de sueur laissé par un doigt, un rayon ultraviolet dirigé en oblique vont les rendre fluorescentes. Les autres empreintes seront rendues visibles en y appliquant une poudre noire, blanche ou grise à l'aide d'une brosse. Quand les empreintes sont absorbées par une surface poreuse, le technicien utilisera une poudre magnétique et un ruban adhésif transparent pour les prélever et coller ensuite sur une carte à l'aide d'une feuille plastifiée.

Les empreintes de pas et de pneus trouvées sur une surface meubles pourront être photographiées ou moulées en plâtre pour être ensuite comparées. Les empreintes de chaussures sur une surface dure comme un plancher seront détectées via l'application d'une poudre, et relevées à l'aide d'un tissu couvert de gel adhésif ou d'un dispositif électrostatique.

 

sachets de scellés - police scientifique - "psycho-criminologie.com"

 

La protection des indices

Sachets, flacons, enveloppes...
Comment et dans quoi sont conservés les indices trouvés sur une scène de crime ?
Pour éviter les moisissures, les indices biologiques humides sont séchés avant d'être emballés et placés dans des récipients non hermétiques.
Les taches retrouvées sur des vêtements risquent, elles, de se détériorer avec le temps, donc là aussi les vêtements sont séchés et placés séparément dans des sacs avant d'être manipulés avec précaution.
Les échantillons de sang prélevés sont versés dans un tube en verre scellé et placés ensuite dans un sachet.
Les poils, les cheveux, les fibres sont mis dans une enveloppe qui sera scellée.
Tous ces contenants avec indices sont alors étiquetés avec le numéro de l'affaire et de pièce à conviction, la pièce dans laquelle l'indice a été retrouvé, la date, l'heure, le lieu, et les initiales de l'enquêteur l'ayant prélevé sur la scène de crime.
Un document doit comporter la liste des personnes qui ont manipulés les indices. Leurs initiales seront apposées sur les scellés et la date afin d'en suivre le parcours et d'éliminer tout risque de traitement inapproprié et le rejet par le tribunal.

 

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Sources :
- Blot, N., & Books, A. (2009). Police scientifique: Nouvelles techniques de recherche et d'investigation. Londres: Parragon Books Limited.
- Daniel, M. (2004). Découverte du crime et besoins de l'enquête: Le dessin judiciaire en seine-inférieure au xixe siècle. Sociétés & Représentations, 18(2), 109-122. doi:10.3917/sr.018.0109.

 

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