Psycho-Criminologie

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psychologie et criminologie

Maurizio Minghella portrait "psycho-criminologie.com"

 

Nombre de victimes : 10 reconnues, mais probablement 16/17
Type de victimes :  Prostituées
Période : Avril/décembre 1978 - 1997/2001
Surnoms : le tueur de Turin, l'étrangleur de Valpocevera 
Nom :  Maurizio Minghella
Date de naissance :  16 juillet 1958
Lieu de naissance :  Gênes
Sexualité :  Hétérosexuel
Mariage :  Rosa Manfredi
Enfant : 1 fils qui ne porte pas son nom
Parents : 4 frères et sœurs 
Niveau d'études :  Collège
QI :  70
Type de tueur : de type non-organisé, tueur sexuel
Diagnostic :  Sujet du groupe B : personnalité histrionique caractérisé par une émotivité excessive et besoin de recherche d'attention - troubles dissociatifs
Modus operandi : Minghella se rendait dans les rues de Gênes pour y enlever des prostituées qu'il emmenait à bord de sa voiture vers un endroit éloigné et calme. Là, il violait parfois sa victime, mais dans tous les cas l'étranglait avec un vêtement qu'il trouvait sur sa victime. Il dissimulait ensuite plus ou moins le corps. Sur un corps, il a inscrit "brigade rose" pour tenter de duper la police, sur un autre il a laissé un stylo dans le vagin de sa victime. Il laissait ses empreintes sur les lieux et parfois un indice qu'il oublait (ses lunettes), ce qui a permis de l'arrêter. 
Armes utilisées : Mains, corde, corde de maillot de bain
Totem : Aucun 
Condamnation : 200 ans de prison

 

     Les faits

  Maurizio Minghella, né en 1958 est un criminel et un tueur en série italien condamné à 200 ans de prison pour une série de meurtres (au nombre de 10) envers des prostituées entre 1978 et 1997 et 2001.

Maurizio Minghella, 16 ans - serial killer - tueur en série -  "www.psycho-criminologie.com"

Maurizio Minghella, à l'âge de 16 ans

      Enfance

        Maurizio Minghella est né le 18 juillet 1958 dans la ville de Gênes, ville portuaire qui se trouve sur la mer de Ligurie. Jeune, il vit avec ses parents dans le quartier de Bolzaneto, dans la vallée de Polcevera, à l'Ouest de Gênes. C'est lorsqu'il a six ans que sa mère se sépare de son mari avec qui elle a quatre autres enfants. Elle se met en ménage avec un homme qui ne supporte pas les enfants et les bat pour tout et n'importe quoi. Maurizio commence à nourrir une haine profonde pour ce beau-père alcoolique dont il dira plus tard "Je rêvais de le tuer en serrant une corde autour de son cou".
         A 12 ans, il redouble en primaire et se montre un élève turbulent. Enragé, il tente à plusieurs reprises de couper la respiration de ses camarades en leur bouchant le nez ou la bouche.
          Il quitte l'école rapidement avant de finir le cursus normal et se met à faire des petits boulots. Il sera un temps carreleur, et en parallèle se mettra à voler des scooters, des motos, des Fiat 500 ou 850 pour faire le fou sur les routes du Val Polcevera et ses environs.
           C'est aussi un dragueur invétéré, et il a toujours des filles avec lui. Amoureux du disco, ses amis et connaissances le surnomme le "Travolta de la vallée Polcevera". Maurizio aime aussi la boxe et n'hésite pas à s'entrainer sur les garçons qu'il rencontre, ce qui lui vaut de se faire renvoyer.
            Il va être confronté à la mort avec celle de son frère qu'il adore et qui va mourir dans un accident de moto. A partir de cet épisode, Maurizio Minghella va commencer à développer une attraction morbide pour la mort.

Maurizio Minghella, arrêté en 1978 - tueur en série - serial killer - "psycho-criminologie.com"

Maurizio Minghella, arrêté en 1978

 

       Les premiers meurtres

       Réformé du service militaire pour cause de troubles mentaux, il épouse sur un coup de tête en 1977, Rosa Manfredi, âgée de seulement 15 ans et accro aux psychotropes. Le mariage est cependant de courte durée, la jeune femme meurt d'une overdose de drogue alors qu'elle est tombée dans la dépression après avoir perdu leur enfant dans une fausse couche. Cet évènement traumatise un peu plus Maurizio Minghella et sa personnalité fragile. 

          Le 18 avril 1978, il commet son premier meurtre en s'en prenant à une prostituée de 20 ans, Anna Pagano qui habite Gênes. Il l'étrangle et cache ensuite son cadavre près de Trensasco, un petit hameau de la ville de Sant'Olcese. Le corps est retrouvé par des bergers qui appellent aussitôt les Carabiniers. Les gendarmes ne peuvent que constater la réalité des faits, Anna a la nuque brisée et elle a été torturé. Maurizio Minghella a laissé un stylo à bille coincé dans son anus. Mais, pour éviter de se faire arrêter et induire les enquêteurs dans l'erreur, il a pris soin d'écrire les mots "Bricate Rose" (Brigade Rose) au lieu de Red Brigades (Brigades rouge), mais la police ne se laisse pas avoir.

           Le 8 juillet, il assassine Giuseppina Jerardi, elle aussi de Gênes de la même manière qu'Anna et cache cette fois le cadavre dans une voiture volée et abandonnée. Dix jours plus tard, c'est au tour de Maria Catena Alba, dit "Tina", 14 ans qui est retrouvée nue à Valbrevenna le lendemain, son corps attaché avec un garrot à un arbre.
             Le 22 août après avoir passé une nuit en discothèque, il tue Maria Strambelli, 21 ans, une vendeuse d'origine de la ville portuaire de Bari dont le corps est retrouvé 3 jours après sa disparition en périphérie de Gênes. Sa dernière victime pour cette première période de meurtres sera Wanda Scerra, 19 ans, une amie de Maria Strambelli. Son corps sera découvert dans l'escarpement qui longe la voie ferrée Gênes-Milan. Elle a été violée et étranglée.

Maurizio Minghella- découverte du corps d'une de ses victimes - "www.psycho-criminologie.com"

Découverte du corps d'une de ses victimes

 

      Première arrestation

     Maurizio Minghella est arrêté dans la nuit du 5 au 6 décembre 1978. A peine arrive-t-il en garde à vue qu'il avoue les meurtres de Strambelli et de Scerra, mais se montre moins disert quant aux autres et refuse même d'en endosser la responsabilité. Une expertise calligraphique qui doit étudier les mots laissés par le meurtrier sur le corps d'Anna Pagano et l'écriture de Minghella est lancée. Les carabiniers pensent que le stylo retrouvé lui appartient ainsi que la paire de lunettes laissée sur les lieux d'abandon du corps de Tina Alba. Une expertise psychiatrique demandée à l'université de Gênes révèle qu'il possède un  QI de 70.

       Le 3 avril 1981, il est condamné par la Cour d'Assises de Gênes à la réclusion à perpétuité pour les 5 meurtres et envoyé à la prison de haute sécurité de Porto Azzuro. Incarcéré, il se déclare innocent et Don Andrea Gallo, un prêtre catholique va demander la révision du procès. Finalement, en 1995 (il a 37 ans), il obtient sa semi-liberté et est transféré à la prison Vallette de Turin. Il rejoint alors la communauté du prêtre Don Ciotti et travaille comme charpentier dans l'une des coopératives du groupe Abele.

Maurizio Minghella, en 1998 - tueur en série - serial killer - "www.psycho-criminologie.com"

Maurizio Minghella, en 1998

      Deuxième série de meurtres

     En mars 1997, il profite de cette semi-liberté pour reprendre ses mauvaises habitudes en s'en prenant à une prostituée de 53 ans, Loredana Maccario au domicile de celle-ci, dans la rue Principale Tommaso, à San Salvario, dans un quartier de Turin. Deux mois après, il tue une prostituée marocaine de 27 ans, Fatima H'Didou qu'il étrangle avec la dentelle d'un maillot de sport après l'avoir battue et violée.

Floretta Islami "victime de Maurizio Minghella" - www.psycho-criminologie.com

Floreta Islami


            Durant quelques mois, il parvient à se réfréner avant de succomber à nouveau à ses démons le 14 février 1998, à Rivoli (Turin) en assassinant une prostituée albanaise de 29 ans, Floreta Islami qu'il étrangle avec un foulard. Le 30 janvier 1999, nouveau meurtre : celui de Cosima Guido, 67 ans, surnommée "Gina" qu'il étrangle avec un foulard dans l'appartement du centre de Turin, où elle reçoit ses clients. Comme pour les crimes de 1978, il va laisser derrière lui des traces d'ADN sur des morceaux de papiers qui vont tomber dans les escaliers de l'appartement. C'est au tour ensuite de Florentina "Tina" Motoc, 27 ans, mère de deux enfants de périr, tuée dans la nuit du 16 au 17 février 2001, brutalement battue au visage et à la tête. Maurizio Minghella pour tenter d'effacer ses traces, se débarrasse des vêtements de la jeune fille en les brûlant.
        Ce sera le dernier meurtre de Minghella. Ses traces d'ADN, ses empreintes digitales complètes ou partielles retrouvées sur les lieux du crime, le modus operandi, le créneau horaire des meurtres (après 17 heures) conduisent les carabiniers une nouvelle fois vers Maurizio qui se fait arrêter le 7 mars 2001.

Maurizio Minghella

      Procès

     Les policiers vont retrouver chez lui les téléphones portables de ses victimes. Son propre téléphone va borner dans la zone de son dernier crime. Conduit à la prison de Vallette, au printemps 2001, il tente de s'échapper en passant par la buanderie, mais ne parviendra pas à atteindre le premier mur d'enceinte. Enfermé ensuite à la prison de Biella, il est hospitalisé le matin du 2 janvier 2003 pour des douleurs dans la poitrine et aux bras, laissant augurer d'une crise cardiaque. En fait, il s'agit d'un leurre, car il en profite pour s'échapper par la fenêtre de la salle de bain. Il ne va cependant pas rester longtemps dehors, car il a arrêté le même soir à 22 heures près de la gare.
               Il sera soupçonné de dix meurtres de prostituées mais ne sera condamné que pour quatre d'entre eux, le 4 avril 2003. La Cour d'Assises de Turin le condamne à la perpétuité pour le meurtre de Florentina Motoc et à 30 ans de prison pour les assassinats de Cosima Guido et Fatima H'Didou. Il sera également reconnu coupable de vol, d'enlèvement et d'évasion.
                Aujourd'hui, Maurizio Minghella est enfermé à la prison de Pavie.

Maurizio Minghella, 56 ans

 

          Maurizio Minghella s'est probablement rendu coupable de plusieurs autres meurtres qui ne lui ont pas été imputés par la justice et qu'il n'a pas reconnu. Sept femmes ont été tuées entre 1996 et 2001.

            Ces victimes sont :
                                              - Floreta Skupe, 23 ans
                                              - Nadia Shehu, albanaise de 22 ans
                                              - Carolina Gallone, 66 ans
                                              - Loredana Maccario, 53 ans
                                              - Heriona Sulejmani, 16 ans, étranglée dans un bois
                                              - Atli "Elisa" Isaku, 22 ans
                                              - Ebe Romano, 35 ans, tuée au bord d'un ruisseau

 

     En 2004, le procureur de la République de Turin a été contraint de demander l'archivage de ces cas. Le dossier de Nadia Shehu est parmi les plus emblématiques. Elle a été retrouvée à l'aube du 1er août 1997. Son corps était allongé entre des chiffons, des déchets et des bouteilles cassées, sur le sol d'un ancien concessionnaire Alfa Romeo, devenu un refuge pour les désespérés et les toxicomanes. Nada Sheu s'est défendue de toutes ses forces. Sa mini-jupe rose était relevée, et son haut rouge déchiré qui laissait ses seins à découvert. Elle fut étranglée avec la bandoulière de son sac à main. Mais les traces génétiques trouvées sur les lieux se sont révélées trop faibles pour tenter une comparaison. Même les empreintes digitales - bien qu'elles coïncident en certains points avec celles du tueur en série - étaient partielles et donc inutilisable.

 

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Sources :
- Emanuela Profumo, Liguria criminale, Roma, Newton & Compton, 2008, ISBN 978-88-541-1239-1.
- Piero Abrate, Il Piemonte del crimine, Genova, Ligurpress, 2005, ISBN 978-88-6406-004-0.
- Diciotto anni di prigione, Liberato torna a uccider - Massima Numa - LaStampa. it 
- Murderpedia

 

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