Psycho-Criminologie

Psycho-Criminologie

psychologie et criminologie

sharon carr katie rackliff "psycho-criminologie.com"

 

Nombre de victimes :  1 décédée, et plusieurs tentatives d'agressions
Type de victimes :  jeune adulte blanche, adolescente
Période :  7 juin 1992
Surnom : Non connu 
Nom :  Sharon Louise Carr
Date de naissance :   21 décembre 1979
Lieu de naissance : Belize (Amérique centrale)
Taille :  Non connue
Sexualité :  Non connu
Mariage : Non 
Enfants :  Non
Parents :  
Niveau d'études :  Collège
QI :   Non connu
Diagnostic :  trouble psychopathique, schizoaffectif, personnalité antisociale de type paranoïde limite
Type de tueur :  tueuse juvénile de type sadique et semi-organisée
Modus operandi : Choisie ses victimes au hasard et les poignarde. Dans le cas de Katie Rackliff,
elle a tenté de dissimuler ses traces en faisant passer son meurtre pour un viol qui aurait mal tourné
 
Type d'armes utilisées :  Couteau
Totem :   Aucun

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sharon carr "psycho-criminologie.com"

   Les faits :

   Sharon Louise Carr (née le 21 décembre 1979) a été déclarée coupable du meurtre de Katie Racliffe le 25 mars 1997. Sharon Carr se distingue surtout par le fait qu'elle avait douze ans lorsqu'elle a commis ce meurtre, le 7 juin 1992. Cela a fait d'elle la plus jeune meurtrière à avoir été condamné au Royaume-Uni.

 

   Jeunesse

   Sharon Carr est née à Belize le 21 décembre 1979 dans la pauvreté et a été élevée par une mère adepte de vaudou et un beau-père anglais qui est soldat. La famille déménage en Angleterre et s' installe à Camberley, dans le Surrey. A peine le couple installé, les parents se disputent jusqu'à ce soir fatal ou, par un incident malheureux, une marmite de graisse bouillante est versée sur la tête du beau-père. Ils se séparent alors rapidement et sa mère, qui est une femme violente (elle n'hésite pas à punir sa fille en lui versant du poivre sur les parties génitales) se tourne vers l'alcool et les hommes. Elle procède aussi à des meurtres rituels d'animaux et asperge au passage un voisin de kérosène. Tout est fait donc pour que la jeune Sharon devienne une future tueuse.
   Sharon est brièvement placée en famille d'accueil,  ce qui lui donne du répit, mais un mois plus tard, elle retourne vivre chez sa mère. À l’école, ses professeurs la décrivent comme étant une jeune fille polie et serviable, mais peu à peu son comportement se détériore et elle se met à perturber la classe, attirant sur elle l'attention du proviseur. 
 

sharon carr journal extrait "psycho-criminologie.com"


   Elle écrit ses pensées tous les jours en fumant du cannabis et note dans son journal intime : "j'ai trop envie de vacances", "j'en ai marre des maths", mais peu à peu, ses commentaires laissent place à des phrases plus significatives comme "la jalousie me donne envie de me battre" "tuer, c'est bon pour les affaires" "Je suis née pour être une meurtrière. Tuer pour moi c'est une excitation et cela me fait tellement planer que je ne veux plus jamais descendre. Chaque nuit, je vois le diable dans mes rêves - parfois même dans mon miroir , mais je réalise que c’est juste moi.". Cette écriture est ponctuée de dessins représentant des couteaux.

sharon carr journal extrait3


   La violence sadique semble faire partie de sa vie. La police découvrira plus tard qu'elle a décapité le chien d'un voisin avec une pelle et qu'un ami lui avait suggéré de faire frire des hamsters vivants.
   Sharon n'a aucune envie de poursuivre l'école pour devenir avocate ou médecin ou même simple employée. Non, son but est de devenir la plus jeune meurtrière du pays. Elle va alors mettre son fantasme en œuvre.  

 

sharon carr katie rackliff victime2 "psycho-criminologie.com"

Katie Rackliff

   Le meurtre de Katie Rackliff

   Nous sommes le soir du 7 juin 1992, à Surrey, en Angleterre.
   Sharon Carr a 12 ans et traine avec deux hommes plus âgés qu'elle. Elle sillonne le quartier des discothèque de Farnborough et repère une coiffeuse qui semble un peu désemparée. Katie Rackliff a 18 ans. C'est une jeune coiffeuse qui vient juste de se séparer de son petit ami. Sharon lui propose de les rejoindre et de la raccompagner jusque chez elle. La jeune coiffeuse accepte, mais très vite comprend qu'elle est tombée dans un traquenard quand ils l’amènent jusqu'à une zone sombre. Comprenant qu'elle risque des problèmes, Katie se met à fuir et court, poursuivie par Sharon Carr armée d'un couteau qui finit par la rattraper et la frappe alors une quarantaine de fois dont 32 coups portés au niveau de la poitrine, à l'anus et au vagin. Sharon la déshabille ensuite, remontant les vêtements sur le ventre, faisant penser à un viol et abandonne le corps dans une rue latérale. Il faut dire que les deux hommes qui l'accompagnaient ont pris rapidement la poudre d'escampette.  Le orps va être retrouvé le lendemain par la police.

sharon carr katie rackliff scène de crime

Meurtre de katie rackliff, scène de crime


   Les détectives pensent immédiatement à une agression masculine vu la teneur des blessures et la violence du meurtre et ne s'imaginent pas un seul instant que l'assassin puisse être une jeune gamine de 12 ans.
   Des années vont passer et peut-être que Sharon Carr n'aurait jamais été appréhendé si elle n'avait pris l'habitude de fêter l'anniversaire de son premier meurtre.

 

Collingwood College Comprehensive-Camberley

   Collingwood College Comprehensive-Camberley

  

   Une autre tentative de meurtre

   Deux ans jour pour jour après avoir tué Katie Rackliff, le 7 juin 1994, Sharon s'en prend à une étudiante, Ann-Marie Clifford, au Collingwood College Comprehensive, à Camberley (Surrey). Sharon la poignarde dans le dos et lui transperce les poumons, mais cette fois, sa victime survit et un groupe d'élèves témoins qui vient d'entrer dans les toilettes lui tombent dessus et appelle sur le champ la police qui intervient rapidement.

 

Bullwood Hall, surrey

  Bullwood Hall, surrey

 

   Le centre d'évaluation

   Arrêtée, Sharon Carr est envoyée par les magistrats dans le centre d'évaluation de Bulwood Hall situé à proximité de chez elle pour deux ans. Le but est d'observer son comportement et de la faire expertiser. Très vite, la jeune fille va se montrer vindicative et va tenter de tuer deux membres du personnel en les étranglant. Encore une fois, elle va heureusement échouer. Les officiers de police la mette sous surveillance et écoutent ses conversations avec sa famille et ses amis. Ils en apprennent aussi beaucoup grâce au gardien pour qui elle a le béguin et à qui Sharon raconte ses exploits dans le "monde extérieur". Ces informations contiennent des détails que personne d'autre ne peut connaître et notamment sur le meurtre de Katie Rackliff. Ses journaux intimes sont alors confisqués. Dedans, les policiers lisent : "

   "Je plante le couteau dans sa poitrine. Ses yeux se ferment. Elle me supplie, alors je le lui plante encore et encore. Je ne veux pas lui faire mal, mais J'ai besoin de lui faire violence ... Je dois vaincre sa beauté, sa sérénité, sa sécurité. Je vois son visage quand elle meurt. Je sais qu'elle sent que sa vie se retire lentement d'elle et je l'entends haleter. je suppose qu'elle essayait de respirer. L'air cesse de circuler au fond de sa gorge. Je sais qu'elle a respiré, mais ce n'est plus le cas maintenant. Et je suis joyeuse".

   Le juge en chef Lord Woolf, qui siège à la Cour royale de justice du Royaume-Uni, a déclaré que Carr souhaitait que sa condamnation pour meurtre soit remplacée par une condamnation pour homicide volontaire pour responsabilité réduite.

   Condamnation 

   Sur la base de ses écrits et de son audition avec les agents de police (27 heures d'interrogatoires durant lesquelles Sharon décrit à l'aide d'un dessin une blessure particulière retrouvée chez Katie Rackliff, et l'aveu de lui avoir volé un bracelet. ), elle est rapidement reconnue coupable et condamnée pour meurtre à 14 ans de réclusion à la Crown Court de Winchester en 1999 après avoir raconté trois types de récits différents. Dans deux de ses récits, Sharon raconte qu'elle se trouvait dans une voiture au moment de l'attaque et qu'elle aurait eu des rapports sexuels avec la victime avant de la tuer et de jeter son corps. Elle leur parle également des deux hommes qui l'accompagnaient, mais ceux-ci, interrogés, fournissent pour le soir en question un alibi et sont éliminés de l'enquête. Lors de son procès, la condamnation initiale pour meurtre, elle souhaitait que celle-ci soit requalifiée en une condamnation pour homicide volontaire avec responsabilité réduite, ce qui a été refusé.
   En avril l996, le mois précédant son inculpation, elle a écrit :  "Respectez Katie Rackliff. Quatre ans aujourd'hui."

   Le sergent-détective Paul Clements, qui l'a interrogé de manière approfondie, déclare : "C’était presque comme si elle était dans un autre monde. Ce qui me vient à l’esprit quand je lui parle, c’est la froideur. Avec elle, il n’y avait aucune émotion ni raison. "

   Va s'ensuivre, à cause de son âge, une litanie d'audiences qui vont, dans un premier temps, confirmée la peine le 17 octobre 2003 par le Ministre de la justice, avant de la réduire à 12 ans le 10 décembre 2003. Durant sa détention, Sharon Carr continue d'avoir un comportement dangereux et s'attaque aux autres prisonniers et aux membres du personnel du centre de détention dans lequel elle se trouve.
   Elle poursuit également l'écriture de son journal.

 

  Broadmoor Hospiral

 

   Enfermement

   Sharon a été déplacée d'une prison à une autre avant qu'elle ne soit internée à l'hôpital Broadmor dans la section des schizophrènes, le 16 juin 1998 avant d'être à nouveau transférée dans un nouvel hôpital à Londres, avec une section sécurisée.
   A Broadmoor, elle a agressé des membres du personnel et d'autres résidents et a tenté de tuer un de ses camarades en lui tranchant la gorge. Il semble qu'elle se prenne parfois pour un lézard et à tenter à plusieurs reprises de s'auto-mutiler pour déterminer si elle était toujours humaine.
   Elle est éligible depuis 2009 à la libération conditionnelle, mais son état mental la fait considérer comme dangereuse pour le public et empêche qu'elle ne recouvre pour l'instant la liberté.

 

   
elizabeth yardley-criminologist

Elizabeth yardley, criminologiste

   Ce qu'en disent les psychologues 

   Le psycho-criminologue Gordon Tressler a déclaré : "Il s’agit d’un cas difficile à comprendre. On peut trouver des exemples de meurtres de jeunes enfants par d'autres enfants, mais là, c’est une enfant tuant une femme presque adulte. C'est une personne extrêmement dangereuse car elle est clairement prête à tuer sans aucun motif. Cela rend sa conduite très imprévisible et très dangereuse. Elle est un vrai danger pour le public."

   Selon son rapport psychiatrique, Sharon souffrirait d'un trouble de la personnalité grave, caractérisé par un trouble de la personnalité antisocial et paranoïde limite

   Le professeur Francesca Happé, neurologue, a déclaré que le cannabis pouvait avoir un effet néfaste sur une jeune comme Sharon : "Nous savons que la consommation de cannabis chez les très jeunes constitue un réel facteur de risque de psychose ultérieure. Cela a augmenté clairement le risque de Sharon risque de développer une schizophrénie. "

   La criminologue Elizabeth Yardley a dit : «Les journaux intimes sont un moyen de revivre les meurtres, c'est un moyen de les commémorer, de pouvoir revenir en arrière et de revisiter ce moment où elle s'est sentie toute puissante afin de le préserver. Elle ne veut pas l'oublier. Elle veut à nouveau avoir cette sensation."

 

   Aujourd'hui


   Sharon Carr est toujours enfermée à l'hôpital de sureté de Londres et suit scrupuleusement son traitement et sa psychothérapie.

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Sources :
- https://murderpedia.org/female.C/c/carr-sharon.htm
- https://real-life-villains.fandom.com/wiki/Sharon_Carr
- https://ladieshandbook.com/sharon-carr/
- https://www.dailymail.co.uk/femail/article-4996588/Sharon-Carr-murdered-Katie-Rackliff-just-12.html

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