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Photo : Thierry Delay en 2004 - SIPA/LEFEVRE SYLVAIN

 

L'ancien condamné d'Outreau, histoire qui a défrayée la chronique judiciaire, était poursuivi pour avoir agressé sexuellement une résidante de l'établissement où il est soigné pour sa sclérose en plaque.

Deux ans de prison ferme et cinq ans de suivi socio-judiciaire et obligation de soins. C’est la peine qu’a prononcé vendredi soir le tribunal correctionnel de Toulouse à l’encontre de Thierry Delay.
L'homme, âgé aujourd’hui de 56 ans avait déjà été condamné en 2004 à 20 ans de réclusion criminelle  par la cour d’assises du Pas-de-Calais pour avoir violé quatre de ses enfants et huit autres enfants.

Celui que l’on surnommait « le monstre d’Outreau » était de retour sur le banc vendredi pour une « agression sexuelle sur personne vulnérable » et des faits de harcèlement envers une résidante du centre Pierre-Hanzel à Rieux-Volvestre où il est hébergé depuis mai 2016 pour soigner sa sclérose en plaque.

C’est un homme diminué, se déplaçant en fauteuil roulant, et avec des difficultés d’élocution qui s’est présenté vendredi devant le tribunal. Malgré une expression difficile, l’accusé a reconnu en partie les faits, tout en les minimisant.
Entre 2016 et 2019, il aurait touché la poitrine d’une autre résidente en fauteuil roulant atteinte de la même maladie que lui.

« J’étais amoureux d’elle et je lui parlais des vidéos pornographiques que je regardais, a expliqué Thierry Delay. C’était à cause de mes problèmes de libido. Je voulais la toucher car sa peau était douce. Je ne comprends pas pourquoi on parle d’agression sexuelle alors que je l’ai juste touché ». En juin 2019, l’accusé a subi une piqûre pour restreindre sa libido. « J’avais une reprise de mes pulsions donc j’ai demandé ce traitement car je voulais arrêter d’embêter cette résidante », concède-t-il.

Sa victime a toujours peur

Si une plainte a bien été déposée à l’encontre de l’ancien accusé du dossier Outreau, la victime n’était cependant pas présente vendredi à l’audience. « Elle a dit qu’elle a trop souffert de son harcèlement et qu’elle a encore très peur de lui », a indiqué le président du tribunal correctionnel.

Pour la procureur, Thierry Delay est bien resté un « prédateur » malgré ses longues années en détention. « Il était parfaitement au courant de l’absence de consentement de la victime mais il monnayait des faveurs contre des cigarettes car elle consommait beaucoup de tabac", a-t-elle souligné. 

Pour l’avocat de l’accusé, « il n’y a pas de tergiversation pour l’agression sexuelle, ni pour le harcèlement. J’ai la faiblesse de penser qu’il peut évoluer et que l’enfermer n’est pas une solution : la preuve, il a passé seize ans en prison et cela n’a pas marché. Il ne peut plus marcher et ne représente pas une menace pour les autres. Il a besoin de soins et d’être accompagné ».

La procureur avait requis trois ans de prison, avec mandat de dépôt, une obligation de soins dans le cadre d’un nouveau suivi sociojudiciaire de 5 ans. Avant que le tribunal se retire pour délibérer, l’accusé a présenté, au bord des larmes, ses excuses pour avoir harcelé cette résidente et lui a demandé pardon.

Finalement condamné à deux ans de prison, Thierry Delay a également interdiction de rentrer en contact avec sa victime. 

 

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