Psycho-Criminologie

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Publié le par I.G
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   Cesare Lombroso est un médecin et criminologue italien qui dirigea l'hôpital psychiatrique de Pesaro (1871) et fonda la criminologie italienne. Il est connu également pour avoir établit des théories sur le criminel-né qui n'ont plus cours aujourd'hui, reconnaissables selon lui par des signes morphologiques.

 

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   Biographie

   Cesare Lombroso est né Marco Ezechia Lombroso le 6 novembre 1835, à Vérone, dans une famille bourgeoise.

   Le style de la recherche de Lombroso est marqué par sa formation humaniste. Lombroso apprend, très jeune, de son ami Paolo Marzolo à raisonner en remontant dans le temps à la recherche des éléments archaïques, selon la méthode indiciaire, analysée par Carlo Ginsburg à propos de la physiognomonie que Lombroso étend à l'anthropologie. Dès l'âge de 15 ans, il fait l'éloge de la méthode de Marzolo, en produisant sur le « Collettore dell'Adige » le compte-rendu de la première partie des Monuments historiques révélés par l'analyse de la parole (1847). Il suggère que la compréhension de l'homme doit partir de ses origines, des cris primitifs des sauvages, afin de pouvoir rechercher, par la suite, dans la parole et dans l'écriture, les traces de l'histoire de l'homme en transformation.

   Il lit, outre Marzolo et le linguiste Isaia Graziadio Ascoli (une source importante même dans le domaine des études sur le jargon criminel de L’homme criminel), Pre-historic Times (1865) du biologiste darwinien John Lubbock, mais également les nombreux ouvrages polygénistes de Paul-Pierre Broca et encore la Psychologie naturelle (1868) du médecin français Prosper Despine et les considérations linguistiques et anthropologiques proposées par Friedrich Müller dans son Reise der österreichischen Fregatte Novara (1867-68).


   Il étudie ensuite la médecine à Padoue, se forme à l'école de Jacques Moleschott (physiologiste hollandais), puis à Vienne et à Pavie. A la fin de ses études, il prend la direction de l'asile d'aliénés de Pavie, en 1864 et se met deux ans plus tard, a collectionner les crânes, les squelettes, les cerveaux de soldats, puis de civils d'Italie et du monde entier. Très rapidement, il s'intéresse aux criminels, aux malades mentaux et les ajoute au musée personnel qu'il possède à Turin.

 

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   Thèses

   Cesare Lombroso a établi des théories qui ont reposées sur l'étude phrénologique et physiognomique des personnes. Il estimait que selon la forme du crâne et l'apparence physique, on pouvait repérer le criminel. Ses théories étaient empreintes d'un certain racialisme. Selon lui, l'homme avait évolué en suivant le chemin suivant : d'abord noir, puis jaune, et enfin blanc  : "Une preuve indirecte de ces origines-là et des transformations successives pourrait nous être donnée en remarquant que le type nègre et mongolien se reproduisent spontanément chez certains individus de race blanche. Dans les prisons il est fréquent de trouver le type mongolien aux yeux obliques, les pommettes saillantes, peu de barbe, le front fuyant, d' énormes sinus frontaux, le coloris jaune ou terreux des mongoliens... nombreux aliénés, lorsque surgit ou s'aggrave leur triste infirmité, deviennent plus foncés et leur peau plus bronzée ; d'ailleurs j'ai vu dans nos vallées des idiots qui, d'après la longueur de leur crâne, la saillie de leur museau, la grosseur de leurs lèvres et même le bronzage de leur peau, semblaient des nègres blanchis de façon maladroite".  Chez les délinquants, les aliénés et les idiots, la régression est donc un phénomène « spontané », qui peut même « s'aggraver ».

   En Italie, il distinguait d'ailleurs les habitants du nord des habitants du sud, les premiers étant moins typés et donc supérieurs à ceux du sud. Les femmes ne furent pas épargnées par sa pensée qui voulait qu'elles soient moins sujettes à la criminalité, car inférieure à l'homme et donc moins intelligente, soit moins capable de penser le meurtre ou le crime.

   En décembre 1871, Cesare Lombroso devient le directeur de l'asile d'aliénés de Pesaro, il cherche de nouvelles preuves de son hypothèse sur la déviance atavique : d'un côté existe l'homme « normal », qui est blanc, honnête, travailleur, de l'autre une humanité négative représentée par les civilisations archaïques, les aliénés et encore les délinquants et les prostituées, que Lombroso rencontre personnellement et examine grâce à de nouvelles lectures scientifiques et sociologiques


   C'est l'Université de Turin qui va accueillir ce musée où Cesare Lombroso obtient sa chaire de médecine légale, en 1876.
   La même année, il publie son manifeste "
L'homme criminel", qui reprend sa thèse qui suppose que les personnes porteuses de caractères physiques auraient un comportement en adéquation avec ceux-ci. Pour lui, les déviances sont physiques et physiologiques, et ne sont pas la conséquence du milieu dans lequel vit le futur criminel.

 

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   Pour appuyer ses recherches, il observe les soldats "délinquants" et fait leur étude anthropométrique, puis se concentre sur les assassins guillotinés (au nombre de 35) dont il recueille les crânes. Il en déduit qu'un tiers des criminels sont criminels par leur hérédité qui est alors innée. Certaines catégories de délinquants ont leurs propres caractéristiques crâniennes, et Cesare Lombroso s'appuie sur la longueur des bras, une denture anormale, des doigts de main ou de pied en trop, pour appuyer ses théories.

   Voici, par exemple, le portrait d'un voleur : "crâne petit, front fuyant, yeux mobiles, souvent gris bleutés, sourcils touffus et rapprochés, nez important, barbe et cheveux rares, oreilles décollées ; petite taille, silhouette mince et nerveuse avec la poitrine et les bras marqués de tatouages et de cicatrices ; le voleur est faiblement musclé ; il est inadapté aux travaux prolongés ; son insensibilité à la douleur lui permet de supporter toutes sortes de tortures. Vaniteux, habillé avec soin (surtout le gilet et la cravate) ; menteur et fanfaron, il se vante de crimes plus nombreux et plus atroces qu'il n'en accomplit dans la réalité, en se confiant avec superficialité au premier venu ; ignorant et incapable de rester seul ; alcoolique, joueur, glouton (pâtes, viande, fruits, gâteaux) ; habitué des bistrots et des maisons de prostitution, où il dépense le produit de ses vols ; récidiviste et convaincu d'agir en faveur de la justice en privant de leurs biens ceux qui en possèdent trop ; actif surtout en hiver lorsque la faim, le froid, la misère se font sentir ; il compte souvent un bohémien parmi ses ancêtres ; il a été élevé dans la rue, à partir de trois ans, quand il se déclarait orphelin et demandait l'aumône ; il est destiné au brigandage, à la camorra ou à la mafia."

   Sa pratique est néanmoins teintée de non scientificité. Pour valider ses théories, il aurait fallu qu'il compare les détenus avec des séries d'individus pris dans la société avec une série d'individus de même sexe, de même âge, de même profession, etc. Les conditions de vie, les professions, les relations sociales étant des facteurs agissant sur l'organisme humain en y laissant des traces caractéristiques.


   En 1884, il organise une première exposition publique de ces objets, puis une seconde au Congrès pénitentiaire international à Rome. Quatre ans plus tard, c'est à Paris, au Congrès international d'anthropologie qu'il montre sa collection qui est jugé d'intérêt scientifique. 
   Pour appuyer sa thèse, il se met à étudier les tatouages, qui, pour lui, sont synonymes de sauvagerie et représentatifs des "classes inférieures", des prostitués, des homosexuels, des criminels, des déserteurs. Bref, la lie de la société.  Il publie tout cela dans les rééditions de son livre "L'homme criminel", qui à chaque fois bénéficie d'un retentissement important dans le monde de la médecine légale et de la criminologie.

 

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   Mais c'est dans "La Donna delinquente, la prostituta e la donna normale" (La femme criminelle et la prostituée, 1893) qu'il fait de la prostitution l'équivalent de la criminalité chez la femme : "la criminelle-née est pour ainsi dire une exception à double titre, comme criminelle et comme femme (...) Elle doit donc, comme double exception, être plus monstrueuse". Il lie la criminalité notamment à la menstruation qu'il étend jusqu'à la ménopause et à l'adultère. Pour lui, l'appartenance à la bourgeoisie, est signe d'honnêteté et de normalité et l'appartenance aux basses classes de la société est facteur de la criminalité. Les femmes, bien entendu sont inférieures aux hommes et ne peuvent avoir droit à l'éducation car, pour les préserver de la délinquance ("chez cette nature inférieure") il ne faut pas les arracher de leur foyer et de leur rôle de mère.

 

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   Ses thèses suscitent de nombreux débats dans les différents congrès auxquels il participe, mais aussi à travers des articles de revues spécialisés. Alexandre Lacassagne, anthropologue français contredit Lombroso et préfère lui, parler de contamination de l'environnement dans le fait criminel. Paul Topinard, un autre anthropologue va évoquer, lui, le manque de rigueur dans les recherches de l'italien, notamment dans la mesure des crânes.
   Après le premier congrès de 1885, celui de 1889 qui se tient à Paris va étendre les attaques contre Lambroso, notamment sur sa méthodologie contesté  par l'anatomiste et physiologiste Léonce Manouvrier.

   Ces voix qui montent contre lui, n'empêche pas les théories de Cesare Lombroso de gagner du terrain. En 1893, ses théories criminologiques sont promues au travers des revues de divulgation scientifique. En 1895, au troisième congrès tenu cette fois-ci à Bruxelles, les sociologues s'emparent de ses recherches qu'ils portent au nu,  jusqu'à ce que celles-ci figurent dans un article de 1926, écrit par Félix Regnault, le président de la société d'Anthropologie française.

   La chose en est arrivée au point que les aliénistes, à la suite de Lombroso, de Krafft-Ebing, de Garofalo et Magnan, ont pendant longtemps eu une confiance exagérée dans la doctrine de la dégénérescence et qu'ils ont fini par mettre en ce facteur le fondement et le critère presque exclusif de toutes les classifications et définitions des maladies et des anomalies mentales en criminologie.

  L'étude menée par Charles Buckman Goring, l'un des pionniers de la criminologie en Angleterre va critiquer ouvertement les théories de Cesare Lombroso de manière assez virulente. Ses propres recherches menées sur des détenus anglais et des personnes lambdas vont montrer les failles de celles de Lombroso. Pour lui, la théorie de l'italien ne démontre que très succinctement la criminalité, la délinquance et ne peut être considérée comme crédible.

 

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   En 1897, Lambroso signe cependant un nouveau livre, "L'homme de génie", qui fait le parallèle du génie pouvant mener à la folie et à la dégénérescence de l'homme. L'inspiration artistique et le don pouvant venir de l'épilepsie et l'un ne pouvant advenir sans l'autre. Pour étayer sa théorie, il se repose sur son étude de 36 hommes (Baudelaire, Newton, Fénelon, Verlaine, etc...). Fous et hommes de génie sont donc selon lui, très proches. Mais au fou manque cet « esprit de révision et de critique » qui seul peut faire d'une création originale une œuvre supérieure.
   Si des psychiatres acceptent cette nouvelle thèse, d'autres comme Kraepelin, Möbius, la rejette.
   Sigmund Freud et la théorie de l'inconscient finissent de discréditer les thèses de Lombroso aux yeux des scientifiques.
   En 1899, dans son nouveau livre "Le crime, causes et remèdes", l'italien accepte enfin de prendre en compte le caractère du milieu social dans la problématique du crime, mais ne remet pas en cause pour autant ses idées premières. Il propose néanmoins de remplacer les prisons, « le pire de tous les remèdes », par des institutions utilisant « le criminel au même degré que l'homme normal, au grand avantage de tous les deux ».

 

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   En 1902, il écrit un article sur le criminel Calabrais Giuseppe Musolino qu'il voit comme un criminel né par excellence et donc qui est porteur des traits "criminaloïde", non dénué de grande intelligence puisqu'il le considère comme étant un "génie du mal". 

   Cesar Lombroso va mourir le 19 octobre 1909 à Turin en laissant derrière lui une fille, Gina.

 

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Le musée Lombronso

 

 

 

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Références :
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Cesare_Lombroso
- https://www.universalis.fr/encyclopedie/cesare-lombroso/
- Lucia Rodler, « L'homme criminel de Cesare Lombroso : entre science et littérature », Criminocorpus [En ligne], Histoire de la criminologie, 4. L’anthropologie criminelle en Europe, mis en ligne le 24 mai 2012, consulté le 27 mars 2019. URL : http://journals.openedition.org/criminocorpus/1893
- Gemelli Agostino. L'oeuvre scientifique et philosophique de César Lombroso. In: Revue néo-scolastique de philosophie. 17ᵉ année, n°65, 1910. pp. 73-93; doi : https://doi.org/10.3406/phlou.1910.2731

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