Psycho-Criminologie

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Le syndrome de Stockholm se développe lorsque les gens sont placés dans une situation où ils ressentent la peur et le stress et ont peur de subir des blessures physiques. Ils pensent que tout le contrôle est entre les mains de leur bourreau. La réponse psychologique qui suit après un certain temps passé dans cette peur et ce stress constitue une stratégie de survie pour les victimes.
Et cette stratégie veut que la victime éprouve finalement de la sympathie et apporte son  soutien pour le sort de son ravisseur. Elle peut même manifester des sentiments négatifs envers les agents qui essaient de lui apporter une aide et la délivrer des mailles du filet de celui-ci.
Les situations dans lesquelles les victimes ont manifesté ce type de réponse sont aussi disparates que  : des prises d'otages, des enlèvements, un embrigadement dans une secte, et même des prisonniers de camps de concentration.

Les personnes atteintes du syndrome de Stockholm ressentent alors un mouvement protecteur envers leurs ravisseurs, au point même de déjouer les efforts de la police pour les sauver.

Ce syndrome n'est pas une maladie nommée comme tel dans le DSM-5 par exemple, mais plutôt une description de comportements de personnes traumatisées.
Les otages et les victimes d'enlèvement peuvent manifester ces comportements ainsi que les personnes qui se trouvent dans des relations abusives ou les membres de sectes.

 

 

Pourquoi cela s'appelle-t-il "Syndrome de Stockholm" ?

Le nom «syndrome de Stockholm» vient d'un vol de banque qui a eu lieu en 1973 à Stockholm, en Suède, où quatre otages ont été détenus pendant six jours. Tout au long de leur emprisonnement et alors qu'ils étaient en danger, chaque otage a semblé défendre les actions des voleurs auprès des autorités et des médias. Ils ont plaidé pour que leurs ravisseurs ne soient pas blessés pendant leur sauvetage et ont fait en sorte que cela se passe ainsi.

Après l'incident, les victimes n'ont pas su expliquer aux psychologues pourquoi ils ressentaient de tels sentiments de sympathie et pourquoi ils n'avaient pas de colère ni de haine envers leurs ravisseurs.

Plusieurs mois après la fin de leur calvaire, les otages ont continué à faire preuve de loyauté envers leurs otages au point de refuser de témoigner contre eux. Ils les ont même aidé à lever des fonds pour trouver des avocats et leur ont également rendu visite en prison.

 

Le syndrome de Stockholm, un mécanisme de survie

Cet incident a interrogé les spécialistes en psychologie et les journalistes qui ont décidé de savoir si d'autres évènements de ce genre avaient déjà eu lieu. 

Un psychologue qui avait été impliqué dans la prise d'otages à Stockholm a alors inventé le terme de «syndrome de Stockholm». Un second psychologue l'a défini pour le FBI et Scotland Yard afin de permettre aux officiers de comprendre cet aspect lors d'une situation d'otage. 

 

Quelles sont les causes du syndrome de Stockholm?

Les individus peuvent succomber au syndrome de Stockholm dans les circonstances suivantes :

   - La croyance que son ravisseur peut le tuer et le tuera. Les sentiments de soulagement de la victime de ne pas avoir été tuée se transforment alors en gratitude.
  -  Isolement de tous sauf des ravisseurs
  -  La croyance que l'évasion est impossible
  -  Des actes de bonté du ravisseur qui se transforme alors en un véritable souci du bien-être de l'autre dans la pensée de l'otage.
  -  Le passage de plusieurs jours en captivité

Les victimes du syndrome de Stockholm souffrent généralement d'un isolement sévère et de violences émotionnelles et physiques qui se manifestent également chez les conjoints battus, les victimes d'inceste, les enfants maltraités, les prisonniers de guerre, les victimes de sectes, les prostituées, les personnes asservies et les victimes d'enlèvement, de détournement ou d'otage. Chacune de ces circonstances peut amener les victimes à réagir de manière docile et solidaire dans une tactique de survie.

Ceci est un équivalent si l'on peut dire du lavage de cerveau. Les victimes présentent quelques uns des symptômes tels que le syndrome de stress post-traumatique (SSPT), l'insomnie, les cauchemars, la difficulté à se concentrer, la méfiance envers les autres, l'irritabilité, la confusion, un réflexe de sursaut au bruit et une perte de plaisir lors des activités favorites.

Patricia Campbell Hearst "Patty Hearst" "syndrome de Stockholm" - www.psycho-criminologie.com"
Patricia Campbell Hearst "Patty Hearst"


Les deux cas les plus célèbres du Syndrome de Stockholm

Patty Hearst

Patty Hearst, est la petite-fille du magnat de la presse Randolph Hearst. Elle a 19 ans quand elle est kidnappée par l'Armée de Libération Symbionaise (SLA). Deux mois après son enlèvement, elle est vue sur des photographies participant à un braquage de banque à San Francisco avec ses ravisseurs. Plus tard, un enregistrement sur bande sera publié. Dedans, on peut entendre Hearst exprimer son soutien et son engagement envers la cause SLA. Après l'arrestation du groupe, elle a fini par dénoncer le groupe radical.

Au cours de son procès, son avocat a attribué son comportement à un effort subconscient pour survivre, comparant sa réaction à la captivité d'autres victimes ayant souffert du syndrome de Stockholm. Selon les témoignages, Hearst avait été ligotée, les yeux bandés et gardée dans un petit placard sombre, où elle avait été agressée physiquement et sexuellement pendant des semaines avant le vol de la banque.

Natascha Kampusch - syndrome de Stockholm "www.psycho-criminologie.com"
Natascha Kampusch

Natascha Kampusch

Août 2006.
Natascha Kampusch, est une autrichienne originaire de Vienne qui, a 18 ans, réussi à échapper à son ravisseur, Wolfgang Priklopil. Celui-ci l'a gardée enfermée dans une petite cellule pendant plus de huit ans. Elle est restée dans cette cellule sans fenêtre pendant les six premiers mois de sa captivité sans sortir. Avec le temps, elle fut autorisée à pénétrer dans la maison principale pour y faire la cuisine et le ménage.

Après plusieurs années de captivité, elle est même parfois autorisée à sortir dans le jardin.  Priklopil, son ravisseur a contrôlé Kampusch en l'affamant pour la rendre faible, la battant sévèrement et menaçant de la tuer ainsi que les voisins si elle essayait de s'échapper. Après qu'elle se se soit libérée, Priklopi s'est suicidé en sautant devant un train venant en sens inverse. Quand Natascha Kampusch a apprit que Priklopil était mort, elle s'est mise à pleurer de manière inconsolable et a allumé une bougie pour lui à la morgue.

Dans un documentaire basé sur son livre, "3096 Tage" ("3096 jours"), Kampusch a exprimé sa sympathie pour Priklopil. "Je suis de plus en plus désolée pour lui - c'est une pauvre âme." 

 

Le syndrome de Lima
Le syndrome de Lima

Les victimes ne sont pas les seules à ressentir de la sympathie pour leur bourreau. Celui-ci peut ressentir à son tour de la sympathie pour sa victime. Ce syndrome porte le  nom de Syndrome de Lima. Le nom vient d'un incident qui s'est déroulé au Pérou en 1996 au cours duquel des guérilleros ont pris en otage une fête d'anniversaire donné en l'honneur de l'empereur japonais Akihito, au domicile de l'ambassadeur du Japon. Les ravisseurs, ont décidés finalement après quelques heures passées avec leurs otages de les libérer alors que certains représentaient pourtant pour eux une monnaie d'échange certaine... 

 


 
 

 


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