Psycho-Criminologie

Psycho-Criminologie

psychologie et criminologie

Publié le par I. Girard
Publié dans : #Tueurs en série, #Tueurs en série USA, #Robert Spangler, #Années 70, #Années 80, #Années 90
Robert Spangler, le veuf noir

FICHE

Nombre de victimes : 5
Nom : Robert Merlin Spangler
Date de naissance : 10 janvier 1933 à DesMoines
Décès : 5 août 2001
Père : Merlin Spangler
Mère :  Iona Spangler
Famille : 1 soeur -
Il se marie à 22 ans (1955) avec Nancy Stahlman - 2 enfants, Suzanne et David
Il épouse ensuite Sharon Cooper, Donna Sundling, Judy Hilty
Première arrestation : Soupçonné du meurtre d'une camarade à l'âge de 11 ans
Premier meurtre : Nancy Stathlman
Victimes : ses femmes et enfants
Modus operandi : 
Profil : Charismatique, manipulateur, psychopathe narcissique à l'égo surdimensionné
adorant être le centre de l'attention - Tueur organisé

HISTOIRE

Robert Spangler vit dans la petite ville de Littleton, (Colorado) avec sa famille dans la proche banlieue sud de Denver. Le taux de crime est bas dans le comté, à peine 3 ou 4 par an. 
Robert Spangler travaille à la compagnie des eaux, sa femme Nancy, 45 ans étudie à la maison et s'occupe de son jardin. Les enfants, David, 15 ans et Suzanne, 17 ans vont au lycée. Le garçon aime jouer de la guitare et Suzanne passe son temps libre avec son petit-ami, Tim.
Robert M. Spangler et Suzanne Stahlman se sont rencontrés au lycée, à Ames, dans l'Iowa, bourgade de 50 000 habitants. Elle était la reine de promo et lui, un bon joueur de foot américain. A peine les études terminées, ils se marient. 
Le couple s'installe à Littleton. Leurs voisins diront plus tard de Robert que c'était un type charmant et un bon père de famille.

Nancy Stahlman et Robert Spanger

Nous sommes le 30 décembre 1978 au petit matin. Tim Trevithick se rend chez les Spangler pour y chercher Suzanne avec qui il doit passer la journée. A son arrivée, il trouve porte close. N'abandonnant pas, il agit comme il le fait d'habitude et s'empare de petits cailloux qu'il jette contre la fenêtre de Suzanne pour l'avertir de sa présence. Il n'obtient pas de réponse. Tim contourne la maison et rentre par la fenêtre de la buanderie, seule entrée accessible et ouverte. Parvenu à l'intérieur de la maison, il appelle. Pas de réponse. Il monte alors les escaliers et découvre sa petite amie étendue sur son lit, une balle dans la poitrine. Saisi par l'horreur, il part chercher du secours dans la chambre voisine où repose son frère, David, mort lui aussi. Tim panique et appelle la police. Les agents du shérif du comté d'Arapahoe arrivent aussitôt sur place et bouclent le périmètre. Ils viennent de découvrir en plus des corps des enfants, celui de Nancy Spangler, au sous-sol, assise face à une machine à écrire, le front percé d'une balle. Suzanne et Tim, eux aussi n'ont reçu qu'une seule et unique balle, chacun dans la poitrine. A contrario de sa soeur qui est morte presqu'aussitôt, il sera prouvé que David, toujours vivant, fut étouffé  et achevé avec un oreiller.

Suicide ? C'est la première hypothèse qui se dessine quand est retrouvée à quelques mètres de Nancy Spangler un revolver calibre 38. Sur la machine à écrire, une lettre dactylographiée portant en terme de signature un N. manuscrit et qui explique que Nancy a trouvé l'arme, qu'après une dispute avec son mari, elle a décidé de se suicider et de tuer également ses enfants pour que son mari ne puisse les avoir.
La police scientifique prend alors toute une série de clichés, d'abord large puis de plus en plus réduite, regroupant l'environnement des trois scènes de crime avant de se focaliser sur les détails comme l'arme, la position des corps, les taches de sang, les mains, les empreintes...

Il est 16h45 quand Robert Spangler rentre chez lui. La police elle, est sur les lieux depuis le matin. Les agents lui apprennent la tragédie. Robert leur renvoie alors un visage choqué, bouleversé et confie que l'arme était la sienne. Les agents l'interrogent au bureau du shérif. Il leur avoue que son couple battait de l'aile depuis quelque temps. Ils venaient en effet de se remettre ensemble après s'être séparés plusieurs semaines.
Robert avait une liaison avec une de ses collègues, Sharon Cooper, ce qui avait créé bien évidemment des tensions au sein du couple, mais Suzanne en revenant à la maison pensait que cela allait s'arranger et qu'ils allaient retrouver leur vie d'avant comme elle le stipulera dans une lettre à sa famille, quelques jours plus tôt. En poursuivant sa liaison, Robert aurait-il conduit Nancy au suicide et à l'assassinat ? C'est en tout cas ce qu'il assène aux agents du bureau du shérif. Le matin du meurtre, il explique que lui et sa femme se sont disputés dès le lever et qu'il a préféré partir quelques heures prendre l'air à l'extérieur. Il a écouté le match de foot à la radio tout en faisant un tour en ville, puis il est allé voir un film dans l'après-midi.
Les agents lui font alors passer un test au détecteur de mensonges. Les résultats seront peu concluants à cause de son état de stress qui semble fausser les aiguilles. Ils font ensuite des prélèvements sur ses vêtements à la recherche de trace de poudre et le laissent partir. 
Jack Swanburg, l'enquêteur qui hébergera Robert Spangler ce soir-là, dira de lui qu'il était étonnement calme pour quelqu'un qui venait de perdre toute sa famille...

Photo de mariage de Nancy et Robert

Le 3 janvier 1979, le médecin légiste du comté conclut à un double meurtre accompagné du suicide de Nancy Spangler, même si la blessure au front est inhabituelle. La police scientifique révèle également autre chose. Nancy en effet, ne portait aucune trace de poudre sur les mains pas plus que sur  ses vêtements alors qu'une des mains de Robert, si.
Au moment des funérailles, la famille de Nancy commence à avoir des soupçons et à le trouver suspect. Robert s'est en effet dépêché de faire incinérer les corps et est venu aux obsèques avec sa petite-amie, peu affecté par la perte qu'il venait de subir. De plus, la famille rejette catégoriquement l'hypothèse de l'assassinat par Nancy. Celle-ci, selon leurs dires, ne supportait pas les armes à feu...
Le bureau du shérif décide le 3 février d'organiser un nouvel interrogatoire où cette fois-ci Robert leur révèle qu'il était bien rentré dans la maison. Il s'est rendu au sous-sol et y a trouvé Nancy avec le revolver à côté d'elle. Il s'en est emparé, a reculé avant de lâcher le calibre .38 et de s'enfuir, effrayé. Les deux traces de pneus retrouvées ce jour-là devant la maison confirment sa version des faits.
L'affaire est classée.


Dès lors, Robert Spangler retourne très vite dans la maison du drame et emménage avec celle qu'il épouse le 14 juillet 1979, son ancienne maîtresse, Sharon Cooper. Le couple partage des hobbies en commun comme la randonnée qu'ils aiment effectuer dans le grand Canyon, endroit aux pistes escarpées. Ils adoptent également trois chiens et le bonheur semble s'être installé à Littleton. Du moins durant les premières années, car ensuite, les disputes font leur apparition. En décembre 1986 (soit 8 ans presque jour pour jour avec les meurtres), Sharon appelle le bureau du shérif, en panique, expliquant que son mari cherche à lui faire du mal. Les agents qui se rendent sur place trouvent Sharon enfermée dans un placard, en larmes, paniquée. Ils l'emmènent à l'hôpital.
A son retour, Sharon quitte la maison et décide également de partir de Littleton. Le couple dans la foulée divorce, et Robert devra verser à son ex-femme 150 000$ en action et une pension de 500 $ qui l'oblige à retravailler, l'héritage de son père ne suffisant pas à pallier.


Robert Spangler a 55 ans. Ne pouvant rester seul, il arpente les bars à la recherche de sa prochaine femme et publie des annonces dans un hebdomadaire de Denver. Donna Sundling, comptable à la retraite et habitant la ville voisine d'Evergreen, lui répond. Tous deux entament alors rapidement une idylle et se marient en août 1990. Lâchant Littlehon, les époux s'installent dans la ville de montagne, Durango, où Robert officie en tant que Dj à mi-temps sur une radio country où il devient populaire. Il arbitre des matchs de foot et devient également guide de randonnée. Donna, elle, donne des cours. Les deux sont investis dans la vie de la communauté, parfaitement intégrés et appréciés.
Mais rapidement leur mariage tourne à l'eau. Robert aime se promener en plein air dans le grand Canyon, Donna déteste cela. Elle souffre en effet de vertige. Cependant, pour faire plaisir à celui qu'elle pense reconquérir, elle accepte de l'accompagner pour quelques jours au printemps 1993 malgré le fait que ses amis aient tenté de l'en dissuader. Le dimanche de pâques, quatrième jour d'excursion du couple, ils se mettent en route pour Horseshoe Mesa, au sud du grand Canyon. 


Donna Sundling


Il est à peine quelques minutes avant midi quand les Rangers voient arriver un homme qui fait patiemment la queue derrière les routards qui attendent d'avoir leur permis. L'homme prétend que sa femme a été victime d'un terrible accident. Il était en train d'installer son trépied pour prendre une photo de Donna quand celle-ci a basculé en arrière et est tombée de la falaise.
Les Rangers se rendent aussitôt au fond du Canyon et trouvent le corps de Donna Spangler, 58 ans, sans vie. Robert révèle aux Rangers qu'avant de venir les trouver, il s'est rendu près du corps de sa femme, lui a nettoyé le visage et recouvert son corps d'une bâche. Peu de preuves médico-légales seront relevées. D'une part parce que la chute de Donna a abîmé sérieusement son corps, mais aussi parce qu'il n'y a eu aucun témoin de la scène et que Robert a nettoyé le visage de son épouse.
Le bureau du shérif classera l'affaire, faute de preuves en mort accidentelle même s'il doute fortement de l'histoire assénée par le mari.
Spangler est une nouvelle fois endeuillé et libre. Avant que la famille de Donna n'arrive, il fait incinérer le corps de celle-ci comme il l'avait fait pour sa première épouse. Son éloge funèbre en ébranle certains. En effet, Robert Spangler parle sans la moindre émotion dans la voix.
Le 14 juillet 1994, soit un an après la mort de Donna, Sharon Cooper, malade, décide de se réinstaller et de se réconcilier avec son ex-mari. Mais au bout de quatre mois, la réconciliation tourne au psychodrame. Quand il rentre chez lui, Spangler trouve son ex-femme au sol, une boite de médicaments près d'elle et une lettre de suicide. Il la conduit, inconsciente jusqu'à l'hôpital le plus proche. Quelques heures plus tard, celle-ci décède non sans avoir dit au médecin qu'elle avait pris une dose mortelle d'antidouleurs.
Les médecins concluent à une overdose.
Il n'y aura pas d'enquête criminelle.
Une nouvelle fois, Robert Spangler s'en tire bien. Il est libéré de la pension alimentaire qu'il devait jusqu'ici verser à son ex-épouse. Mais c'est sans compter sur la famille de Donna Sundling qui contacte la police, le bureau du shérif et le FBI dès qu'elle a vent de l'affaire. Cela fait beaucoup trop de morts et de coïncidence. Le bureau d'Arapahoe décide dès lors de rouvrir l'enquête de 1978.
L'enquêteur Paul Goodman réexamine toute l'affaire et toutes les pièces en sa possession (certains scellés cependant avaient été rendus à Robert au classement de l'affaire).
La lettre de suicide de Nancy et sa blessure au front attire plus particulièrement son attention. Robert lui affirme que sa femme ne pouvait pas tenir assez longtemps un stylo pour écrire une lettre manuscrite souffrant d'un problème neurologique. Mais l'enquêteur ne croit pas cette version. D'une part, plusieurs chèques portent la signature complète de Nancy et d'autre part, comment aurait-elle pu tenir un revolver et tirer sur trois personnes si elle avait eu de telles difficultés ? L'angle de tir lui aussi pose problème. Le test de proximité démontre que le dépôt de suie annihile la version du suicide.
Cela n'est cependant pas suffisant pour inculper Robert Spangler.
Seule solution que voient les enquêteurs : lui faire avouer ses meurtres.
Le département d'étude comportementale du FBI est alors appelé à la rescousse. L'équipe qui le compose va mettre en place une stratégie après avoir analysé le portrait approfondi de sa personnalité. 
En attendant, Robert s'est lui, installé à Grand Junction, dans le Colorado à trois heures de route de Durango. Il ignore qu'il est surveillé par la police et que celle-ci s'apprête à lui tendre un piège dans lequel il va tomber. Il s'inscrit à un cour de théâtre de la ville et occupe le devant de la scène en travaillant comme acteur au café théâtre du coin et se marie une nouvelle fois avec Judy Hilty. Lors d'une répétition, il n'arrive pas à dire son texte. C'est le blanc total. Alarmé, il se rend chez un médecin et découvre qu'il souffre d'une tumeur au cerveau. Celle-ci est inopérable. Il n'en a plus que pour quelques mois.
Les enquêteurs mis au courant de la situation accélèrent le mouvement, et se rendent chez lui. Le 15 septembre 2000, Robert Spangler est en salle d'interrogatoire avec les officiers Jones et Goodman. Les deux inspecteurs mettent en pratique les techniques de l'équipe du comportement du FBI et lui font miroiter qu'il serait un merveilleux cas de tueur en série pour les étudiants des écoles de police et du FBI, que les analystes souhaiteraient faire des recherches sur lui. Les agents ne s'arrêtent pas là et mettent en place une fausse cellule faisant croire à Spangler que ses meurtres mobilisent un nombre considérable de monde.

La tactique fonctionne à merveille. Spangler mené par son ego sur-dimensionné et persuadé d'être au centre de l'attention d'une unité de police créée spécialement pour lui, cède à la tentation. Il va parler.
Il raconte alors, impassible, les meurtres de sa famille. Le matin de la tuerie, il avait tapé à la machine la lettre de suicide de sa femme sur un papier qu'il lui avait fait annoté de son initiale à la main, prétextant une surprise. Il l'entraîne au sous-sol, la fait s'assoir, fermer les yeux et lui tire dessus. Il exécute ensuite la suite de son plan et monte au premier étage où dorment ses enfants. Là, il abat sa fille puis David qui ne meurt pas sur le coup. Robert Spangler l'achèvera donc en l'étouffant avec un coussin.
Quand les inspecteurs lui demanderont pourquoi il a agi ainsi. Il racontera que pour lui c'était la solution la plus facile. Sa petite amie, Sharon Cooper (sa future femme) n'aimait pas de toute façon les enfants et puis, le divorce aurait été trop long.

Le 5 novembre 2000, il est condamné à la perpétuité sans possibilité de libération. A son procès, il n'aura aucun regard pour les familles de ses victimes. Seule sa quatrième épouse qu'il n'aura pas eu l'occasion de tuer se verra octroyer de sa part des clins d’œil...

Robert Spangler décèdera de sa tumeur au cerveau neuf mois plus tard, le 5 août 2001. 

 

A savoir :

Robert Spangler est né de parents inconnus. Il a été adopté très jeune par Merlin et Ione Spangler et a grandi à Ames, Iowa.
En 1944, il a 11 ans quand il est soupçonné du meurtre d'une de ses camarades de classe qu'il n'aimait pas.
En 1951, il rejoint l'université de l'Iowa d'où il ressortira avec un diplôme de journalisme.
En 1986, Robert rend visite à son père âgé de 92 ans qui décèdera dans d'atroces souffrances quelques jours plus tard. ( un meurtre de plus à mettre à son crédit ?)

Tableau

Elevé par parents adoptifs
Status des parents Mariés
Nombre de frères et soeurs 1
Gène XYY Non
A-t-il passé du temps en orphelinat ? Oui
A-t-il passé du temps en foyer d'accueil ? Non
Un de ses parents était-il un tueur ? Non
Le tueur a-t-il vécu avec un beau-parent ? Non
Evènement familial Père décédé
Problème à l'école ? Comportement agressif - Suspicion de meurtre envers une camarade de classe
Le tueur est-il séduisant ? Oui
A-t-il un défaut physique gênant ? Non
A-t-il un défaut de langage ? Non
A-t-il été physiquement abusé ? Non
Métier du père Professeur
Parents alcooliques ? Non
Niveau éducatif Diplômé
A-t-il servi dans l'armée ? Oui
A-t-il tué des ennemis Non
Etait-il inséré dans la vie sociale ? Oui
Préférences sexuelles Hétérosexuel
Statut marital Marié, divorcés, remariés,deux enfants
Torture d'animaux ? Non
Actes de pyromanie ? Non
Enurésie Non
abus d'alcool ? Non
A été hospitalisé ? Non

 

 

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 Remerciements :
Concernant les extraits du tableau
Emilee Houtz, Tara Gitman, & Ryan Helm
Department of Psychology

Radford University
Radford, VA 24142-6946

Livre
 

Langue : Anglaise
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Documentaires
- Crime Stories, Season Eight, Episode 6, A Way with Murder (Version Anglaise) (December 9. 2010)
- Crime Stories, Episode 6 - Saison 8, La route d'un meurtrier (Version Française)

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