Psycho-Criminologie

Psycho-Criminologie

psychologie et criminologie

"portrait de john george haigh, le tueur aux bains d'acide" - "psycho-criminologie.com"

 

Nombre de victimes :  6
Type de victimes : ses connaissances riches 
Période : 6 septembre 1944/18 février 1949 
Surnoms :  Le vampire de Londres, Le Tueur aux Bains d'Acide
Nom :  John  George Haigh 
Date de naissance :  24 juillet 1909
Lieu de naissance : Stamford, Lincolnshire  (Angleterre)
Décès :  10 août 1949, par pendaison
Lieu : Prison de Wandsworth ( Londres)
Sexualité : Hétérosexuel
Taille :  Non connu
Poids : Non connu   
Mariage : Beatrice "Betty" Hamer 
Enfants : 1 fille
Parents : John Robert Haigh (ingénieur) - Emily Hudson    
Niveau d'études : Lycée
QI : Non connu
Type de tueur : Organisé de type luxure
Diagnostic : sociopathe avec constitution paranoïaque
Modus operandi : Son mobile est l'argent. Afin de s'emparer des effets de ses victimes, il les attirait dans son atelier sous un prétexte fallacieux et les tuait en les frappant ou en leur tirant une balle de calibre .38 dans la tête. Ensuite, il met leur corps dans un fût qu'il noie d'acide et verse ce qu'il reste dans le caniveau ou dans son jardin 
Armes utilisées :  Instrument contondant, Revolver .38 Enfield
Totem :  Aucun (il revendait les bijoux et autres choses qu'il volait)

 

John George Haigh - John Haigh - "psycho-criminologie.com"

John Haigh

    Les faits  :

  John George Haigh (1909-1949) est un tueur en série anglais communément appelé le tueur aux bains acides. Il a été reconnu coupable de 6 meurtres, mais pourrait avoir tué 9 personnes pour un motif financier.
   Il est mort pendu à la prison de Wandswoth.

 

 

John Haigh enfant, le tueur aux bains d'acide "psycho-criminologie.com"

John George Haigh, enfant

   Jeunesse

   John Haigh est né dans la ville de Stamford, comté de Lincolnshire, mais il a grandi dans le village d'Outwood, à l'ouest du Yorkshire. Ses parents, John Robert Haigh, ingénieur pour les mines et Emily Hudson étaient tous les deux membres d'une secte protestante conservatrice, nommée Plymouth Brethren (ou Assemblée des frères). C'est afin d'éviter que le Mal ne pénètre dans leur foyer familial que l'introduction de journaux, de la radio ou même des divertissement sont proscrit. John n'a pas le droit de pratiquer de sport en dehors de l'école, et en toute occasion il doit être impeccablement vêtu. La famille s'adonne quotidiennement à la lecture de la Bible et ses prescriptions doivent être prises au pied de la lettre. La famille refuse tout contact avec l'extérieur en dehors des autres membres de la secte. De ce fait, John devient un garçon solitaire, qui en dehors de l'école ne fréquente guère les autres enfants.

John Haigh, le tueur aux bains d'acide "psycho-criminologie.com"

John Haigh, enfant


   Plus tard, il affirmera avoir souffert de cauchemars récurrents liés à la religion durant toute son enfance. Ses parents, mélomanes, lui instillent le goût pour la musique et John se montre très jeune un bon pianiste. Il aime la musique classique et écoute avec eux des concerts reprenant les airs de Felix Mendelssohn, Johann Sebastian Bach, Antonio Vivaldi, et Tchaikovsky.
   A l'école John Haigh se montre paresseux et immature, ne manifestant qu'un certain don pour les sciences, et négligeant les matières qui lui déplaisent. Il obtient néanmoins une bourse de la Queen Elizabeth Grammar School, puis de la cathédrale de Wakefield où il est choriste. Velléitaire et cynique, il fait alors profiter ses camarades de ses talents de faussaire, c'est ainsi que sa carrière criminelle débute.
    Après ses études, il commence son apprentissage dans une entreprise d'ingénieurs automobiles, mais quitte cette place seulement un an plus tard. Il se dirige un temps vers les assurances avant de travailler dans la publicité. A 21 ans, il est cependant licencié après avoir été soupçonné d'avoir volé dans la caisse.

John George Haigh, le tueur aux bains d'acide - "psycho-criminologie.com"

    Le mariage, une fille et la prison

      Peut-être pour faire plaisir à ses parents ou pour tenter de rentrer dans le rang et faire ce que chacun à cette époque se doit de faire, il se marie à son tour le 6 juillet 1934. L'heureuse élue se nomme Beatrice "Betty" Hamer, c'est un ancien mannequin devenue serveuse dans un bar. Elle a 23 ans, lui 24 et l'union entre les deux tourne très vite au désastre, puisque Haigh se retrouve en prison pour fraude (ventes de voitures imaginaires, il écope de 15 mois). Il devient père pendant son incarcération d'une petite fille qui sera mis à l'adoption par Beatrice qui le quitte.
   Les parents de John ne lui pardonneront pas ce geste et ne pardonneront pas plus à leur fils de ne pas avoir su se tenir à carreau pour éviter la prison et cette déconfiture maritale.

    

Chancely Lane, Londres

Chancely Lane, Londres - aujourd'hui

 

      Londres

      John Haigh s'installe à sa sortie dans la capitale anglaise en 1936 et devient le chauffeur de William McSwan, un riche propriétaire de salles de jeux. Accessoirement, il est aussi son homme d'entretien pour les machines que McSwan possèdent.
     Haigh fera croire autour de lui qu'il est un avocat du nom de William Cato Adamson dont les bureaux sont sur Chancery Lane, et qu'il possède deux succursales : une à Guildford, dans le Surrey et l'autre à Hastings, dans le Sussex. Durant son séjour à Londres, il revient à ses mauvaises habitudes et se met à vendre des actions frauduleuses à des taux inférieurs aux taux du marché. Son arnaque est découverte pour une raison des plus bêtes. Il a en effet mal orthographié le nom de Guildford sur son papier à en-tête, omettant le "d", ce dont s'est aperçu une de ses futures victimes. Une fois son arnaque éventrée, il est condamné par la justice à 4 ans de prison pour fraude.
    Il sera libéré juste après le début de la Seconde Guerre mondiale, ce qui ne l'empêchera pas de poursuivre ses méfaits. Mais il vient de comprendre une chose : il ne faut pas qu'il laisse ses victimes en vie, car ce sont elles qui l'envoient en prison. Il s'intéresse alors aux crimes d'un tueur français, un avocat escroc du nom de George-Alexandre Sarret, qui en 1925, jetait les corps de ses victimes dans des bains d'acide sulfurique. Il décide de faire dorénavant pareil après avoir constaté que cela fonctionnait bien. Il s'est en effet "amusé" à jeter des cadavres de souris dans de l'acide et a constaté qu'après 30 mn, il ne restait plus rien du corps.

William Donald McSwan - John Haigh - "psycho-criminologie.com"

William Donald McSwan

     Ses crimes

     Nous sommes à présent en 1943 et John Haigh trouve un emploi de comptable, puis de représentant de commerce dans une société d'ingénierie basée à Crawley avant de créer sa propre entreprise qu'il va appeler "Union Group Engineering". Par hasard, il croise sur sa route son ancien employeur, William McSwan alors qu'il boit une pinte de bière au pub "The Goat" à Kensington.

liste de course de John Haigh - "psycho-criminologie.com"

Liste de course de John Haigh


     McSwan, ne sachant rien des turpitudes de son ancien employé présente celui-ci à ses parents, Donald et Amy. John apprend que leur fils perçoit pour eux des loyers sur les propriétés qu'ils possèdent à Londres. Envieux, il décide de s'en prendre à McSwan.
    Le 6 septembre 1944, John Haigh frappe son ancien employeur à la tête après l'avoir attiré dans le sous-sol du 79, Gloucester Road, à Londres. Puis il revêt un tablier en caoutchouc, des gants, des bottes et un masque à gaz et verse de l'acide sulfurique concentré dans le baril pour couvrir le corps. La chaleur intense générée par l'action de l'acide sulfurique sur le corps fond alors les os humains enfermés dans le fût de 40 gallons. Il revient deux jours plus tard et constate que le corps n'est plus qu'un amas de boue difforme. Il la déverse alors dans le caniveau.

John Haigh, ses vêtements pour tuer - revolver - "psycho-criminologie.com"

La tenue de John Haigh et le revolver calibre .38


   Aux parents de sa victime, il fait savoir que leur fils est parti se réfugier en Ecosse pour échapper au service militaire et que celui-ci lui a confié le soin de percevoir les loyers des propriétés. Au moment où la guerre cependant prend fin, les parents sont curieux de ne pas avoir de nouvelles de William. Apeuré, John Haigh les attire le 2 juillet 1945, à Gloucester Road en leur faisant croire que leur fils est revenu et qu'il les attend pour leur faire une surprise. En fait, Haigh les assassine dans la cave en leur assénant de nombreux coups sur la tête et se débarrasse des corps en les mettant là aussi dans un bain d'acide.
   John vole ensuite les chèques de pension de William et vend ses propriétés, gagnant 8000£ de l'époque. Il emménage ensuite à l'hôtel Onslow Court, sur Kensington. Mais l'argent lui file entre les doigts. C'est en effet un joueur invétéré et il manque d'argent dès l'été 1947.

Le Dr Archibald Henderson et sa femme Rose - John Haigh "psycho-criminologie.com"

Le Dr Archibald Henderson et sa femme Rose


   Qu'à cela ne tienne, il va se trouver de nouvelles victimes et son dévolu se jette sur le Dr Archibald Henderson et sa femme, Rose. Il les approche en feignant de s'intéresser à la vente de leur maison et se fait inviter chez eux, jouant pour eux au piano pour fêter leur pendaison de crémaillère (ils viennent d'emménager dans un nouvel appartement). Pendant qu'il se trouve dans celui-ci, il en profite pour voler le révolver calibre .38 d'Archibald avec l'intention de s'en servir prochainement.
   Et pour ce faire, il loue un petit atelier au 2 chemin Leopold, à Crawley dans le Sussex et y transporte de l'acide et des barils depuis sa cave de Goulcester Road.
    Le 12 février 1948, il amène sur place les Henderson sous le prétexte de leur faire voir une de ses inventions. Quand le couple arrive, il tire une balle dans la tête du Dr avec le fameux révolver, puis il attire Rose Henderson, affirmant que son mari se sent mal avant de lui tirer à son tour dessus. Il jette ensuite les corps dans les tonneaux d'huile remplis d'acide, puis rédige une lettre en leur nom et vend leurs biens pour là aussi la somme de 8000£. Il va cependant conserver de ses victimes leur voiture et leur chien.

 

Olive Durand-Deacon - John Haigh "psycho-criminologie.com"

Olive Durand-Deacon

    La capture

      Sa dernière victime sonnera également sa perte. Elle se nomme Olive Durand-Deacon, a 69 ans et est la riche veuve de l'avocat John Durand-Deacon. C'est une des résidentes de l'hôtel où loge John Haigh. Il lui fait croire qu'il est ingénieur et elle a l'idée de faire appel à lui pour lui proposer une idée révolutionnaire : des ongles artificiels. Faisant semblant d'être intéressé, il lui parle de son atelier de "travail" situé à Leopold Road et lui propose de s'y rendre afin de discuter de ce projet.
    Nous sommes le 18 février 1949.
    Une fois qu'il a attiré Olive à l'intérieur, il lui tire une balle dans la nuque avec le revolver Webley de calibre .38. Avant de se débarrasser du corps, il prend soin de la dépouiller de ses effets et s'empare de ses objets de valeur sans oublier son manteau en peau d'agneau persan. Il élimine ensuite les restes du corps en déversant le conteneur sur un tas de décombres à l'arrière de son atelier. Il ne va finalement récolter de ce meurtre que 110£ de  bijoux.

Constance Lane - John Haigh "psycho-criminologie.com"

Constance Lane


    Deux jours plus tard, une des amies d'Olive, Constance Lane signale la disparition de celle-ci au constable (policier). Mis sur l'enquête rapidement par leur hiérarchie, les détectives ont tôt fait de découvrir le pot aux roses. Ils tombent sur le dossier pour vol et fraude de John Haigh et décident de visiter son atelier afin d'y effectuer une fouille. Là, ils trouvent l'attaché case de Haigh avec à l'intérieur un reçu de nettoyage à sec pour le manteau d'Olive Durand-Deacon, ainsi que divers documents faisant référence aux couples Henderson et McSwan.

le dr Keith Simmons examine les restes - John Haigh - "psycho-criminologie.com"

Le Dr Keith Simpson et son assistante examine les indices retrouvés

 

     Le légiste appelé sur place, Keith Simpson, va retrouver 28 livres de graisse humaine, une partie d'un pied humain, quelques calculs biliaires et une partie d'une prothèse dentaire ayant appartenu à Olive Durand-Deacon, des morceaux d'os pelvien, deux disques de sa colonne vertébrale inférieure; un sac à main, un contenant de rouge à lèvres, une épingle à cheveux et un cahier.

John Haigh, tribunal - "psycho-criminologie.com"

John Haigh arrivant à son procès


    John Haigh est arrêté et incarcéré. A l'inspecteur Albert Webb, il demande lors de son interrogatoire "Dîtes-moi franchement, quelles sont les chances d'être libéré de la prison de Broadmoor ?". Broadmoor est un  hôpital psychiatrique de haute sécurité et John compte se faire passer pour fou. Mais ne recevant aucune réponse, il se décide à avoué avoir tué Olive Durand-Deacon, les McSwans et les Henderson ainsi que trois autres personnes : un jeune homme nommé Max, une fille originaire d'Eastbourne et une femme venant d'Hammersmith dont les corps ne seront pas retrouvés.

    Il reçoit la visite durant sa détention de son ex-femme, Barbara Stephens (elle s'est remariée), qui va tenter de comprendre avec quel type d'homme elle a vécu et si elle aurait pu finir un jour comme ses victimes si elle n'avait pas pris la tangente rapidement. A cette question, elle n'aura jamais de réponse.

 

John haigh-lettre à son ex épouse, barbara stephens "psycho-criminologie.com"

Lettre de John Haigh a son ex-femme

 

       Procès 

         John Haig, en attendant son procès, restera en détention dans la cellule n°2 du poste de police de Horsham, sur Barttelot Road (la porte de sa cellule sera ensuite conservée au musée d'Horsham). Le tribunal l'accusera de meurtre et il va comparaître pour la première fois devant les magistrats au palais de justice de l'hôtel de ville avant de voir son procès se dérouler à Lewes. John plaide la folie faisant savoir qu'il buvait le sang de ses victimes. Il fait savoir que ce goût du sang lui vient de ses rêves d'enfant et que ce besoin s'est concrétisé après qu'il ait eu un accident de voiture en mars 1944. Il raconte alors : "J'ai vu devant moi une forêt de crucifix qui s'est progressivement transformée en arbres. Au début, il semblait y avoir de la rosée ou de la pluie, dégoulinant des branches, mais en m'approchant, j'ai réalisé que c'était du sang. Toute la forêt a commencé à se tordre et les arbres, sombres et dressés, à suinter du sang ... Un homme est allé d'arbre en arbre pour y prendre le sang qui s'en écoulait. Quand la tasse fut pleine, il s'est approché de moi et m'a dit "Buvez", mais je n'ai pas pu bouger. "
   Mais cette assertion n'a pas convaincu le procureur de sa Majesté, Sir Hartley Shawcross qui a demandé au jury de rejeter l'aliénation mentale. Ses avocats ont cependant tenté de faire passer l'idée que leur client avait une tendance à la paranoïa.
  Malgré l'absence des corps, il y eut suffisamment de preuves médico-légales pour que John Haigh soit reconnu coupable des meurtres. Et il n'a fallu que quelques minutes au jury pour le déclarer coupable et être condamné à mort.

John Haigh conduit au tribunal - "psycho-criminologie.com"

   L'exécution

      Peu avant son exécution, Haigh a demandé à l'un de ses gardiens de prison s'il était possible de faire un essai de sa mise à mort par pendaison. Bien sûr, sa demande n'est pas allée plus loin.
       Juste avant sa pendaison, John Haigh a eu droit à un grand cognac, puis il a été conduit à la potence et fut pendu par le célèbre bourreau, Albert Pierrepoint, le 10 août 1949.
     John Haigh n'a jamais montré le moindre remord.

 

    Ses victimes

  • William Donald McSwann, , son ancien employeur
  • Donald McSwann et Amy McSwann, le , les parents de William. 
  • Archibald Henderson et Rosalie Henderson, le
  • Olive Henrietta Robarts Durand-Deacon, le

 

     Autres victimes potentielles

     - Un jeune homme nommé Max
     - Une fille originaire d'Eastbourne
     - Une femme venant d'Hammersmith

 
 

 

 

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John George Haigh, le tueur aux bains d'acide - "psycho-criminologie.com"

John George Haigh "psycho-criminologie.com"

Livre en anglais
Nombre de pages : 240
Prix : 7.42€ (Broché) - 13.29€ (epub, mobi)

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Sources :
- https://fr.wikipedia.org/wiki/John_George_Haigh
- https://murderpedia.org/male.H/h/haigh-john.htm
- John George Haigh, the Acid-Bath Murderer: A Portrait of a Serial Killer and His Victims de  Jonathan Oates, 2015
-
https://www.crimeandinvestigation.co.uk/crime-files/john-haigh-the-acid-bath-murderer
- Getty Images

 

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