Psycho-Criminologie

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psychologie et criminologie

Publié le par Criminologie
Publié dans : #2019, #Actualites, #Canada
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Un prédateur attire des centaines de jeunes filles
dans son agence de mannequins

 

Un Montréalais, Jean-Sébastien Béland, expert dans l'art de brouiller les pistes, fiché comme prédateur sexuel a réussi à diriger une agence de mannequins pendant des années sans être inquiété. Des centaines de jeunes filles y ont défilé. Plusieurs auraient été agressées. 

Si le quadragénaire a réussi à attirer une aussi vaste clientèle année après année et à maintenir les fausses apparences d'un entrepreneur à succès alors que son agence n'offrait aucun débouché sérieux, c'est parce qu'il  avait gagné au la loto grâce à un billet acheté il y a quelques années.

Ce coup de pouce financier inespéré lui permettait toujours de rebondir et de faire rêver les candidates qui espéraient atteindre le sommet grâce à lui.

Son agence Diversity Models Management se définissait comme « la plus sexy des agences de casting de rue » de Montréal. Sous son ancien nom, B Models Management, elle disait être l'endroit où l'on découvrait « les nouveaux visages de la mode et du cinéma ».

Isabelle Boulanger, qui avait répondu à une offre d'emploi pour un poste de coordinatrice à l'agence en 2014, se souvient d'avoir été impressionnée. « Je me disais : "Il a quand même de beaux bureaux, ça ne doit pas être un nobody." Il disait qu'il avait eu une agence en région par le passé et qu'il était venu à Montréal démarrer une nouvelle agence », relate-t-elle en entrevue avec La Presse Canada.

À titre de coordonnatrice, elle avait participé à plusieurs soirées de recrutement de mannequins, qui se déroulaient toutes de la même façon : quelques dizaines de personnes, garçons et filles, se présentaient, seuls ou accompagnés de leurs parents. Il en coûtait autour de 20 $ pour participer au casting, et autour d'une centaine de dollars pour acheter les photos prises à la séance. 

Jean-Sébastien Béland faisait miroiter la lune aux aspirantes mannequins. Mais ses démarches ne donnaient en fait que très peu de résultats. « Il ne faisait rien avec les photos des gens qui étaient venus. Je ne suis pas restée là longtemps, je suis partie », raconte Isabelle Boulanger. 

rue Wellington, Canada

 

De longues heures à écumer les réseaux sociaux

 

Selon nos informations, Jean-Sébastien Béland passait de longues heures à écumer les réseaux sociaux, épiant les photos de filles, souvent mineures. Il les approchait parfois ensuite pour leur faire miroiter une carrière dans le milieu de la mode. Plusieurs internautes ont d'ailleurs publié des témoignages sur le web dans lesquels elles racontent avoir été sollicitées par son agence après avoir publié des photos d'elles sur Instagram ou Facebook.

Selon la théorie des enquêteurs du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), c'est que l'homme de 47 ans utilisait sa fonction pour assouvir ses plus bas instincts. Les policiers de la Section d'exploitation sexuelle l'avaient dans leur ligne de mire depuis un bon moment. Le 11 avril, ils lui ont mis la main au collet alors qu'il marchait dans la rue Wellington, tout près du penthouse dans Griffintown.

Jean-Sébastien Béland a été accusé d'agression sexuelle et exploitation sexuelle sur quatre adolescentes de 15 à 17 ans. Les faits se seraient déroulés à Montréal, Laval et Victoriaville entre novembre 2014 et septembre 2017. Mais il pourrait y avoir plusieurs autres cas.

« Les enquêteurs ont des raisons de croire qu'il aurait pu faire d'autres victimes sur le territoire de la ville de Montréal ainsi que dans différentes régions du Québec entre 2013 et 2019 », précise le SPVM dans un communiqué.

Service de police de la Ville de Montréal

 

De faux noms, et une fausse adresse

 

Jean-Sébastien Béland n'aurait jamais dû se retrouver dans cette position. En 2010, il avait été condamné à 45 jours de prison pour exploitation sexuelle d'une adolescente. Dans le cadre de sa peine, il avait dû fournir un échantillon d'ADN aux autorités, et la cour lui avait interdit d'occuper un poste, bénévole ou rémunéré, qui le placerait en position de confiance ou d'autorité auprès de jeunes de moins de 16 ans.

Mais le prédateur avait toutes sortes de trucs pour brouiller les pistes. À plusieurs de ses collaborateurs, il disait s'appeler simplement Sébastien plutôt que Jean-Sébastien. Il écrivait aussi parfois Jan-Sébastien. Sa signature changeait tout le temps, selon nos informations.

Il n'apparaissait nulle part dans le matériel promotionnel de son agence, n'était visible sur aucune des photos et dans aucune des vidéos qu'elle diffusait. Ce sont toujours ses jeunes employés qui étaient mis de l'avant, même si le roulement était constant et qu'ils ne restaient jamais bien longtemps.

Auprès du Registre des entreprises, il avait inscrit l'agence au nom d'un faux dirigeant à une fausse adresse, dans un immeuble à logements multiples pour lequel il ne fournissait pas de numéro d'appartement. Il louait tout, ne mettait rien à son nom, s'assurait de demeurer difficile à pister, selon plusieurs sources qui l'ont côtoyé.

Des rumeurs de liens avec le crime organisé, d'expériences passées à travailler dans des salons de massage circulaient dans son entourage, mais son charisme était rassurant et lui donnait l'air d'un entrepreneur qui savait  où il allait.

« On ne soupçonnait rien. Nous sommes dégoûtés par les choses horribles que nous apprises sur lui. Nous avons tous des enfants, et ce sont des choses que nous souhaiterions ne jamais voir », a déclaré un porte-parole de Burak, l'entreprise à laquelle il louait les bureaux de la rue Sainte-Catherine.

La poursuite s'est opposée à ce que Jean-Sébastien Béland soit remis en liberté avant son procès. Une enquête sur sa potentielle remise en liberté aura lieu sous peu. D'ici là, il demeure derrière les barreaux, pendant que les policiers poursuivent leur enquête.

 

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Source :
- Vicent Larouche, - La presse Canada - Un prédateur attire des centaines de jeunes filles dans son agence de mannequins - https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/201904/20/01-5222894-un-predateur-attire-des-centaines-de-jeunes-filles-dans-son-agence-de-mannequins.php

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