Psycho-Criminologie

Psycho-Criminologie

psychologie et criminologie

Publié le par Criminologie
Publié dans : #Tueurs en série, #Tueurs en série GB, #Années 70, #Patrick MacKay
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Nombre de victimes :  11
Type de victimes :  7 femmes et 2 hommes (10 étaient âgés)
Surnoms : Le psychopathe - Le disciple du diable
Période :   1974/1975
Nom :   Patrick David MacKay
Date de naissance :  25 septembre 1952
Lieu de naissance :  Middlesex
Parents : Harold MacKay  - Marian
Famille : Père, Harold - 2 jeunes sœurs
Mariage :  Non
Enfants : Non  
Taille : 1m 82
Type de tueur :  psychopathe de type sadique non organisé - asocial
Modus operandi : S'introduisait chez ses victimes après leur avoir demandé de boire un verre d'eau, les tuait puis les volaient, mais pouvait aussi 
les agresser dans la rue ou les tuer pour son simple plaisir.

 

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 Les faits

 Patrick David Mackay est un tueur en série britannique ayant confessé 11 meurtres perpétrés à Londres et dans le Kent durant la période couvrant 1974 et 1975. Il fut condamné pour cinq d'entre eux et condamné à la prison à perpétuité.

 Jeunesse

 Patrick Mackay est le fils d'Harold, comptable, et de Marian, une créole de Guyana. Son père, ancien militaire durant la Seconde Guerre mondiale (dont il ressortira traumatisé - évènement qu'il racontera à de nombreuses reprises à son fils n’ôtant aucun détail sanglant). C'est un homme alcoolique qui le frappe, mais qui frappe aussi sa mère enceinte. Il le fera du moins jusqu'à 1962 puisqu'il meurt d'une crise cardiaque en se rendant à son bureau de Londres. Les derniers mots qu'il aurait prononcés à son fils ce matin-là avant de partir seront "n'oublie pas d'être sage".
 Ce que son fils ne sera pas, loin de là.
 Incapable de se remettre de la perte de son géniteur, Patrick conserve avec lui une photo d'Harold et refuse d'assister aux obsèques qui ont lieu en Écosse. A la maison, il se substitue à ce père et se met à son tour à battre sa mère et ses deux sœurs.
 A l'école, il est mis dans une classe avec des élèves nécessitant une attention particulière à cause de sa violence déjà présente. Un jour, une fillette discutait avec une de ses amies quand Patrick MacKay est arrivé dans son dos et l'a poussé violemment avant de repartir aussi vite en riant.
 Une autre fois, un de ses amis d'école l'accompagne en forêt. Patrick arrache une grosse fleur, urine dedans et boit ensuite le liquide, avec l'attention de choquer son camarade. Ce camarade dira de lui "Il semblait avoir une double personnalité. Je pouvais à un moment parler normalement avec lui et puis l'instant suivant, il détalait pour aller voler quelque chose dans une boutique avant de revenir en courant. "
 Avec les années, le comportement de l'enfant devient de plus en plus dérangeant et extrême.

 

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 La famille déménage de Dartford pour Gravesend dans le Kent afin de tenter de retrouver un équilibre. Ce qui ne fonctionne pas puisque la police est souvent appelée au domicile. Il faut dire qu'un rien peut mettre le jeune garçon dans une rage folle. Il crie et hurle, ce qui inquiète les voisins qui finissent à chaque fois par appeler la police, parfois jusqu'à 4 fois dans la même semaine. Les services sociaux s'en mêlent également quand Patrick se met à frapper ses sœurs.
 L'agent Amy Tapp dira de lui  "Il était très perturbé émotionnellement. Il était comme un animal en cage et dans ces moments-là comme dément. Je savais qu'il devait être au moins interné, enfermé quelque part pour ne nuire à personne sachant qu'il était capable d'avoir des réactions complètement démentes avec les gens. Il était violent et il allait certainement finir par blesser quelqu'un".
 Patrick MacKay est expulsé de chez lui à 18 reprises entre l'âge de 12 ans et de 22 ans et se retrouve tour à tour en institut psychiatrique, en maison de correction ou en prison. Les internements sont demandés pour tenter d'améliorer son comportement. Un jour il monte sur le toit de l'institut psychiatrique StoneHouse dans le but de démolir les ardoises. En réponse, on l'enferme dans un placard et il est battu, ce qui ne fera qu'accentuer sa haine et sa violence toutes deux grandissantes.

 Le garçon, continue alors se livrer à des explosions de colère et à des actes de cruauté qui lui provoque une certaine excitation sexuelle. Il se met à torturer des animaux, y compris ses animaux de compagnie et des lapins. Il rôtit une tortue vivante et caresse les animaux morts. Il harcèle de jeunes enfants, se livre à des vols dans la rue et cambriole des maisons. Un jour, Patrick se retourne violemment contre sa mère et sa tante, manque de les tuer à force de coups et après avoir détruit les meubles de la maison.
 Il a le désir de tuer un jeune garçon, tente de mettre le feu à une église, et heureusement en est empêché.

 

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 Tout cela l'amène directement en institution psychiatrique spécialisée où il est diagnostiqué dès l'âge de 15 ans comme psychopathe, par le Dr Leonard Carr. Celui-ci prédit que s'il est relâché, il deviendra probablement un tueur froid et psychopathe.
 Il est donc enfermé en octobre 1968 au Moss Side Hospital de Liverpool pour 4 ans où il demande à avoir une poupée dans sa chambre.

 Adulte, Patrick MacKay, se découvre une passion extrême pour le nazisme et se fait appeler "Franklin Bollvot 1er" disant que ce nom sera connu et craint comme celui d'Hitler. Il se renseigne alors sur les actes commis par les nazis et les protagonistes du régime. Il accumule des objets et décore son domicile de Londres de photos de la Seconde Guerre mondiale. Il parvient même à se procurer un uniforme de Stormtrooper et se fait photographier avec la croix gammée sur un bras. Il prétend être un pur aryen (alors qu'en fait il a un quart de sang noir par sa mère).

 

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 En parallèle, il continue à se droguer et à s'adonner à l'alcool.
 En 1973, il rencontre un prêtre catholique de 63 ans, le père Anthony Crean, un amoureux de la nature avec qui il sympathise et qui habite non loin de la mère de Patrick, dans le Kent. Cela ne l'empêchera pas de s'introduire chez lui et de lui voler un chèque de 30 livres. Il est arrêté et condamné à payer 50 livres. Ce qu'il ne fera jamais. Les deux hommes se fâchent et MacKay retourne à Londres.

 

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Père Anthony Crean

Crimes

 A la même époque, il a seulement 22 ans quand il commence sa série de meurtres :
 Il jette d'un train, Heidi Mnilk une jeune fille au pair, près de New Cross. Puis il bat à mort dans son appartement de Kentish Town, Mary Hynes.
 En janvier 1974, il poignarde à Hadley Green, Stéphanie Britton et son petit-fils de 4 ans.  Quelques jours plus tard, il s'en prend à un vieux vagabond qu'il jette dans la Tamise parce qu'il "était sale et infect". "Ce qui était merveilleux", racontera-t-il aux policiers "c'est qu'il a plané comme un oiseau".
 Un mois plus tard, en février, il pénètre dans la maison d'Isabella Griffith, 84 ans, veuve d'un chirurgien. Elle vit dans une villa très huppée de Chelsea Road, en face de la Tamise. Il l'étrangle et lui plonge un couteau de cuisine dans le ventre au niveau du plexus solaire puis remplit l'évier de liquide vaisselle et de chaussures avant de partir.
 Son corps ne sera découvert que deux semaines plus tard, dans la cuisine.
 Patrick MacKay connaissait sa victime. Il l'aidait de temps à temps à faire ses courses et lui rendait de menus services.
 A la même époque, il vit avec des amis à Finchley au nord de Londres et se dit possédé par des démons. Éjecté par ses colocataires, il essaye de les voler et écope de six mois pour cambriolage.
 A l'automne, il se lance dans une série de vols de sacs à main dans la rue, manquant de tuer trois personnes.
 A Finsbury Park, il tue à Londres un buraliste de 62 ans, Franck Goodman juste après la fermeture de son établissement, et assassine ensuite Sarah Rodwell, 92 ans en la battant à mort sur le pas de sa porte pour 10 livres.
 A Southend, Patrick MacKay s'en prend à Ivy Davies, une cafetière qu'il tue à coups de hache.
 Toutes ces femmes sont pour la plupart des connaissances de Patrick MacKay qui prend soin de sélectionner le plus souvent des femmes aux revenus plutôt aisés. Il dira que pour lui, "ces meurtres sont aussi simples que de laver ses chaussettes".

 

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Adèle Price

 

 En mars 1975, il est hors de contrôle et les meurtres deviennent de plus en plus rapprochés.  
 Le 10 mars, il s'en prend à une vieille veuve, Adele Price, habitante de Long Square à Chelsea, et l'étrangle dans son appartement de Londres. Il reste près d'une heure sur une chaise à côté du corps et écoute la radio, s'assoupissant de temps en temps avant de partir.
C'est la petite fille de celle-ci, rentrant de l'école, qui va la découvrir et voir par la même occasion un homme sortir du domicile de sa grand-mère sans savoir qu'il s'agit là du meurtrier.
 Elle appelle la police qui met toute la scène de crime sous scellé. Les autorités commencent à comprendre qu'ils ont affaire à un tueur en série et peine à trouver des indices utilisables.

 Onze jours plus tard, il revient à Gravesend pour se venger du père Crean et lui fend la tête à l'aide d'une hache avant de poignarder le corps à plusieurs reprises. Il se délecte du sang qui coule et reste plusieurs minutes à profiter de son crime. Puis il fait couler un bain et plonge le corps du père Crean dedans. A nouveau, il reste admirer longuement sa victime pendant plus d'une heure.  Aux policiers il dira plus tard, qu'il était très calme à cet instant et que c'était pour lui une merveilleuse expérience.

 Pourquoi avoir tué celui qui avait été son ami ? Parce que le père Crean avait de la bonté. La bonté était pour MacKay une faiblesse.
 A 20h30, la police est appelée parce que personne ne trouve le père Crean alors que son Jack Russel, le chien dont il ne sépare jamais, est là.
 A 23h, la police se rend sur les lieux et trouve une religieuse qui hurle. Le père Crean vient d'être découvert dans la baignoire remplie de sang, vêtu d'un bonnet de laine, de son manteau, et de bottes en caoutchouc. L'inspecteur envoyé par Scotland Yard trouve la hache couverte de sang dissimulée sous l'escalier.
 La nouvelle se propage rapidement au sein de la communauté de Shorne.
 Personne ne peut croire à la réalité du meurtre.
 Très vite, l'inspecteur Kent Tapenden se souvient d'une affaire vieille de 18 mois dans laquelle le père Crean était impliqué. L'homme qu'il tendait d'aider et qui l'avait volé était Patrick MacKay.

 Deux jours plus tard, deux inspecteurs de la police tentent d'appréhender MacKay sans succès à l'auberge pour anciens délinquants dans laquelle il est supposé loger. Le propriétaire leur explique alors que Mackay habite chez la famille Caudrey. Les policiers se rendent alors à la mairie pour regarder les registres et trouvez l'adresse de tous les Caudrey du nord de Londres. 
 La première famille à qui ils rendent visite est la bonne. Patrick MacKay se trouve chez eux, assis sur le sofa.

 Au commissariat, l'assassin reconnait rapidement le meurtre dont il est l'auteur tout comme les dix autres.

 

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Maison du pere Anthony Crean

 

 Condamnation

 Mackay est accusé de cinq meurtres, mais deux des accusations restent sans preuve et sont finalement abandonnées.
 Lors de sa comparution à Old Bailey pour trois chefs d'inculpations, il ne faut que vingt minutes au jury pour que MacKay soit jugé coupable d'homicides avec responsabilité altérée.
 Il est condamné en novembre 1975 à la prison à vie pour assassinat. A ce jour, il est toujours en prison et fait partie de la cinquantaine de prisonniers du Royaume-Uni incarcérés sans possibilité de remise de peine ni de libération.

 

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 Profil

 Le modèle de son père lui montrant qu'en frappant c'est ainsi que naît le pouvoir sur les autres contribuera à la psychologie développée par Patrick MacKay tout comme les récits sanglants que son père lui faisait de son expérience de la Seconde Guerre mondiale (corps déchiquetés sous les balles, notamment). Lorsque son père meurt, il se retrouve avec un grand vide dans sa vie. Son identité étant inséparable pour lui de son père, il emprunte dès lors les caractéristiques de celui-ci (frapper sa mère, par ex.) pour remplacer ou devenir celui-ci.
 Les jours précédents ses meurtres et ceux qui les suivaient, Patrick MacKay dira qu'il se sentait à ce moment-là, "particulier".
 L'influence de son environnement a été certainement très dominante dans sa pathologie. Dès sa naissance, la violence était la norme pour lui. Cette violence sera accentuée par les nombreux châtiments corporels qu'il recevra ensuite dans les différents centres où il sera envoyé, faisant de lui un homme obnubilé par le mal, accentué en cela par des traits de personnalités marquées, et peut-être un problème neurologique de naissance ou survenu sous les coups.

 

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A. 19/06/2019 17:59

Il s'est passé dix-huit mois entre le vol du chéquier du père Crean et son assassinat, pas dix-huit ans.

AU DETOUR D'UN LIVRE-LITTERATURE 19/06/2019 18:14

Oups, oui. Erreur de frappe. Merci