Psycho-Criminologie

Psycho-Criminologie

psychologie et criminologie

Publié le par I. Girard
Publié dans : #Semiologie
Les maladies psychiatriques dans le crime

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1ère Partie :

Qu'est-ce que le crime ?

 

Au départ ce terme latin "crimen, criminus" désignait le reproche, l'accusation, la plainte portée contre quelqu'un, apparenté au grec "krima" (contestation) et à son dérivé "krino" (trier, trancher, juger).
Peu à peu le terme a pris une connotation plus judiciarisée et d'accusation, finissant par définir un acte délictueux avec le sens de faute inexcusable. Cependant, si le meurtre est un crime, le crime, lui, n'est pas forcément un meurtre.
Nous nous en tiendrons donc ici au sens de meurtrir quelqu'un.

La criminalité chez les malades mentaux est un sujet épineux.
D'une part parce qu'il est difficile de situer la maladie mentale et de savoir qui on peut targuer de "malade mental" et pourquoi.
D'autre part, quels sont les processus psychopathologiques qui peuvent amener un homme ou une femme souffrant d'un trouble pathologique à passer à l'acte et à commettre un geste de nature criminelle.
Toutes les personnes souffrant d'une pathologie ne passeront pas à l'acte tout comme il arrive qu'une personne ne souffrant pas de pathologie puisse passer à l'acte. La question de la criminalité est donc particulièrement épineuse.
Il est bon de savoir que seuls 15 à 20% des homicides sont commis par des personnes souffrants de troubles mentaux plus ou moins lourds.

Le malade névrotique

 

Parmi ceux-ci on comptera la névrose considérée longtemps comme une maladie du système nerveux sans lésion organique.  Charcot travaillera sur l'hystérie, Béart sur la neurasthénie. C'est Janet qui posera sur la névrose la dimension de tension psychologique et Sigmund Freud, la problématique liée à l'histoire infantile du sujet. On parlera avec le DSM (nosographie désignant le Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux), de trouble névrotique (notion apparue dans la troisième édition) et non plus de névrose.
La définition de Michel Basquin considère la névrose comme étant "une affection perturbant le confort existentiel du sujet, retentissant sur sa vie sociale, mais sans rompre le contact avec la réalité d'un monde normalement perçu". La personne souffrant de troubles névrotiques a parfaitement conscience de ses symptômes contrairement à celles souffrant de troubles psychotiques qui elles vont créer leur propre réalité. 

Il existe quatre formes principales de névroses caractérisées par un conflit intrapsychique faisant l'objet d'un mouvement que l'on appelle "refoulement":
- Le trouble anxieux généralisé ou névrose d'angoisse qui domine le sujet de manière ponctuelle ou permanente. Elle peut entraîner des troubles du sommeil, des tachycardies, des attaques de panique...
- Le trouble dissociatif ou névrose hystérique qui est une manifestation somatique de l'angoisse qui se répercute sur le corps sans que ne lui soit reconnue de cause organique.
- La névrose phobique : l'angoisse est portée sur des objets ou des situations (peur des araignées, des espaces clos...)
- La névrose obsessionnelle qui porte sur les idées fixes sans que le sujet puisse s'en débarrasser entraînant de simples gênes mais aussi des situations invalidantes dans la vie de celui-ci.

L'hystérie peut conduire à commettre des homicides
La névrose obsessionnelle des comportements de type pyromaniaque, d'exhibition ou de kleptomanie.
La mythomanie névrotique peut amener à la réalisation d'escroqueries.

Le névrosé restant au contact de la réalité, il sera empreint après le passage à l'acte criminel à un fort sentiment de culpabilité et souvent reconnaitra son crime et cherchera à l'expier.
Les impulsions homicides restent ici exceptionnelles, ce qui n'est pas le cas chez les personnes souffrant de troubles psychotiques.

 

Le malade psychotique
 

Dans le trouble psychotique, le sujet a un rapport avec la réalité et avec lui-même complètement faussés.
Deux types de psychose sont repérés : l'évolution aigüe (moins de six mois) et l'évolution chronique (supérieure à six mois).
Parmi les psychoses chroniques, la schizophrénie est celle qui est certainement la plus connue.
La schizophrénie est une maladie complexe qui touche l'adulte jeune et qui évolue de manière chronique durant laquelle le sujet subit une désorganisation profonde entrecoupée de moments délirants offrant une dimension atypique et incompréhensible à autrui et pour le sujet. Les premiers symptômes apparaissent généralement entre 15 et 45 ans avec un pic autour de 20 ans chez les hommes et de 30 ans chez les femmes.
Plus le diagnostic sera porté tôt, plus la prise en charge sera efficace.
En France, on distingue deux types de schizophrénie : la schizophrénie simple et la paranoïaque (qui fonctionne sur un délire d'interprétation, de la schizothymie ou de la schizophrénie héboïdophrénique de type psychopathique).
La conjonction de facteurs génétiques et environnementaux conduirait à l'apparition de la maladie lorsqu'un seuil de vulnérabilité serait atteint par le sujet. L'usage de substances comme le cannabis et autres drogues psychoactives jouerait un rôle précipitant. Certains neurotransmetteurs seraient aussi impliqués (notamment dans le système dopaminergique).
 

geralt - CC0 Creative Commons

Dans la schizophrénie, les troubles de la pensée sont ceux qui sont les plus visibles à autrui. Ils marquent la dissociation du sujet à la réalité avec une forme de discours qui sera vague, difficile à comprendre, ponctuée de barrages (blanc, impression d'arrêt sur l'image) ou de fadings (freinage de la pensée, perte de tonalité, de rythme dans le discours). Le sujet malade peut sauter d'un sujet à un autre sans lien, sans logique.
Dans la schizophrénie, on retrouve les idées délirantes (persécution), de référence, d'influence, un automatisme mental (le sujet pense que sa pensée est commandée par un tiers), la dissociation (Spaltung - clivage ou double conscience).

Le délire se décrit selon ce que l'on appelle des Mécanismes qui sont :
- Intuitifs, imaginatifs, hallucinatoires et interprétatifs

Et des thèmes tels que :
- La persécution, la mégalomanie, le mysticisme, etc.

On rajoutera à cela les anomalies de l'humeur qui sont fréquentes, un émoussement affectif, une dissociation idéo-affective, un état dépressif.
Le sujet schizophrène aura un comportement d'impénétrabilité ou d'hermétisme. Il semblera aux autres comme quelqu'un de détaché, d'indifférent à ce qui l'entoure et d'ambivalent dans le domaine intellectuel, affectif et comportemental. Le repli social peut dominer le tableau clinique du sujet.

L'évolution de la maladie dépend en grande partie de la stimulation apportée par l'environnement social ainsi que du niveau d'intelligence. Plus l'efficience intellectuelle sera faible, plus sombre sera considéré le pronostic. Lors des moments dépressifs du sujet, le suicide est à craindre (1 patient sur 10 décède durant les stades initiaux de la maladie). Celui-ci devient problématique lorsque le sujet est en proie à des moments de désespoir ou d'idées délirantes.

 

Le délire paranoïaque



Paranoïa veut dire "esprit, raison posée à côté" et vient des termes grec "para" et "noos".
il s'agit d'un délire chronique systématisé qui ne peut être contredit. Il entre dans le cadre des psychoses chroniques non dissociatives différent donc de la schizophrénie. L'âge de l'entrée dans le délire paranoïaque est plus tardif et se situe en moyenne entre 35 et 55 ans. Il peut exister des épisodes de rémission durant sa durée.
L'existence d'une personnalité prémorbide de type paranoïaque, schizoïde ou évitente est souvent présente. Comme facteurs de risques, on compte aussi des handicaps sensoriels, une appartenance à une classe socio-économique faible.
Le sujet garde une apparente normalité rendant le premier diagnostic difficile à établir. Il importe de définir le mécanisme qui régit le délire.

Ici, les mécanismes les plus présents sont :
- Les interprétations (explication erronée sur les faits réels)
- Les intuitions (l'idée fausse est considérée comme réelle et vraie)

On retrouve facilement des thèmes de persécution qui peuvent amener le sujet à la dangerosité. En effet, celui-ci peut penser avec une forte conviction qu'une autre personne cherche à nuire à son entinté physique, psychique, à ses biens, à son entourage, à sa réputation. Cette croyance peut amener le sujet, ne voyant pas d'autres solutions pour survivre, à tuer son persécuteur. Parfois le malade pourra ressentir l'impression d'être commandé par une force extérieure qui lui demandera d'accomplir l'acte délictuel.
Plus le sujet investira le délire, plus il sera susceptible de passer à l'acte. L'alcool (dans le cas d'un délire de jalousie) pourra avoir un effet incubateur. (Nous reviendrons plus bas, dans la troisième partie de cet article sur les autres psychoses et types de pathologie mentale pouvant mener au crime).

 

On peut donc dire que ce sont les aspects prédictifs qui mettront sur la voie d'un possible passage à la situation criminelle et à ses récidives.

 

Le malade mental



Dans l'inconscient collectif, le malade mental est celui qui est enchaîné à son lit, qui a un regard fou, un langage incompréhensible, un comportement bizarre, et qui ne peut vivre au sein de la société.
Le premier à avoir posé comme sujet le "fou", est Philippe Pinel qui établira une première classification dans son Traité médico-philosophique sur l'aliénation mentale :
- la mélancolie et son délire partiel
- la manie et son délire généralisé
- la démence
- l'idiotisme avec abolition des fonctions mentales.

Aujourd'hui, de nombreuses personnes souffrant de pathologies mentales peuvent parfaitement vivre dans la société grâce à une prise en charge thérapeutique, au suivi médical, à la compréhension des symptômes et à leur traitement et ce, une vie entière sans développer d'autres troubles, voire même en en guérissant. 
Le malade mental ou plutôt personne ayant un ou des troubles mentaux est avant tout une personne qui souffre.
Si les médias, TV, cinéma, livres, journaux, considèrent souvent le criminel comme un "malade" ou "un fou", est-ce vraiment le cas et où se situe le comportement déviant par rapport à la norme mentale définie par la société ou la clinique ?
 

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Partie 2 - 

De nombreux facteurs prédicteurs de risques existes dans le passage criminel.
Certains se situent dans l'enfance.

On peut notamment citer :
- Un milieu familial abusif ou brisé
- La perte d'un parent (subie dans les premières années de vie)
- Des brutalités parentales
- Des événements traumatiques vécus ou subis très jeune
- Une éducation hostile
- Une éducation trop permissive
- Un abandon et un manque d'amour de la part des parents ou des figures tenant lieu de parents
- Un placement dans un cadre familial ou institutionnel
- L'échec scolaire
- Des tendances incendiaires
- une énurésie persistante
- De la cruauté envers les animaux

Certains sont liés aux antécédents criminels :
- Passage à la délinquance de manière précoce et violente
- La multiplicité des infractions
- La montée en gravité des infractions
- Non-lieux pour troubles mentaux
- Une condamnation pour des violences physiques ou sexuelles

 

 

D'autres sont liés à l'état mental lui-même
- Des troubles psychotiques
- Une conduite addictive
- Une impulsivité pathologique avec perte de contrôle
- Une personnalité limite
- Une personnalité psychotique
- De l'automutilation
- Une hyper émotivité
- une instabilité émotionnelle
- Le fanatisme
- Une immaturité psychologique, morale
- Une introspection difficile à faire
- Une incapacité à communiquer avec les autres
- Une déficience au niveau de la mentalisation et de la verbalisation
- Un caractère extraverti, mais anxieux
- Des fantasmes à connotation agressive, sexuelles, sadiques et incendiaires
- Un comportement irrationnel
- Des ressentiments et colères chroniques
- Une absence de compassion
- Une inaffectivité, égoïsme
- Un fanatisme

Les modes de vie et les attitudes sociales
- La précarité de l'emploi
- Une conduite sociale isolante telle que la marginalité
- Une conduite addictive telle que la toxicomanie
- La prostitution
- La fréquentation de personnes délictueuses
- Une problématique d'inadaptation dans la sphère socio-familiale
- Des conduites à risques
- Un sentiment d'injustice
- L'accès facile aux armes
- Une minimisation ressentit des actes violents

Prédicteur du passage à l'acte
- Une situation de crise ou grand état de stress
- État dépressif, idée de suicide
- Idée d'homicide avec plan
- Addiction forte et prise (alcool, drogue)
- Intensité des symptômes psychiatriques
- Épisode délirant productif


Prédicteurs liés à la future victime
- Une proximité affective ou géographique avec le futur agresseur
- Une victime ressentie comme étant hostile, imprudente
- Une victime perçue comme provocatrice
- Une victime plutôt jeune, de sexe féminin, handicapée moteur ou mentale
- Une victime persécutée, capable de nommer son agresseur

   
A cela on peut ajouter la problématique rencontrée d'un échec d'une prise en charge de la personne pouvant passer à l'acte, d'un manque de référents (personnel, médical, social...), d'échecs répétés de réinsertion, d'un refus de traitement ou une inefficacité de celui-ci

 

 

Partie 3 - Les pathologies mentales

Nous avons parlé plus haut de la psychose paranoïaque, mais il existe aussi dans la notion de psychose la psychose aiguë.
Parmi celles-ci, la plus connue est la psychose du postpartum ou dit psychose puerpérale (Voir dans ce blog, l'article sur le cas Andrea Yates)

Andrea Yates


La psychose Puerpérale


Elle survient entre le premier jour et jusqu'à deux semaines après l'accouchement et est plutôt rare dans sa phase aiguë (0.1% des cas). Elle concerne plus particulièrement des femmes âgées de 20 à 35 ans et s'exprime en général par une bouffée confuso-thymo-délirante aiguë avec parfois un état oniroïde ( état de rêve qui se greffe sur la pensée vigile et consciente ) (comme dans le cas Yates). L'état de conscience est alors fluctuant.
Parmi les symptômes relevés, on retrouvera une grande tristesse, des idées suicidaires, une agitation anxieuse ou maniaque, un délire centré sur le nouveau-né, négation de grossesse, culpabilité délirante et idées de persécution pouvant amener au meurtre de l'enfant.
A l'apparition de la pathologie, la prise en charge devient urgente avec séparation de la mère et de l'enfant jusqu'à ce que les manifestations cessent.
A noter que plusieurs grossesses successives peuvent grandir les risques du passage à l'acte avec à chaque fois une possible augmentation des symptômes.

La mélancolie majeure ou  syndrome dépressif majeur


Humeur hautement dépressive avec inhibition psychique et motrice qui peut, dans le trouble bipolaire, alterner avec la manie à une fréquence variable selon le sujet et l'évaluation de la maladie.
La douleur morale est ici majeure et le sujet a du mal à être réassuré. Il développe un sentiment d'impuissance et d'autodépréciation face à lui-même et aux évènements. Le mélancolique fuit l'environnement en se réfugiant dans son lit par exemple. On peut constater parfois une non-appétence pour les aliments et un amaigrissement.
La personne mélancolique a pour thématique l'auto-accusation (n'être bon à rien, ne pas mériter de vivre, etc.) 
Le mélancolique ne se sent pas malade, il se sent coupable. Le suicide collectif est la forme criminelle que l'on peut rencontrer alors, à rapprocher du suicide dit "altruiste" qui pousse le malade à emmener avec lui dans la mort les siens afin de les délivrer eux aussi (voir le cas Andreas Lubitz, ce pilote allemand qui crasha son A320 sur les montagnes françaises tuant ainsi 150 personnes)

Voir ici, l'affaire sur Wikipedia

 

Les troubles bipolaires de l'humeur ou maladie maniaco-dépressive


Les troubles bipolaires sont caractérisés par un trouble de l'humeur comportant des accès maniaques ou hypomaniaques (phase élevée) avec des accès dépressifs (phase basse). Pour porter le diagnostic de bipolarité, il est indispensable de constater au moins un épisode maniaque ou hypomaniaque.
Cette maladie affecte le sujet sur sa vie entière avec des épisodes récurrents. Elle débute en général entre l'âge de 15 à 25 ans avec une possible entrée chez les plus jeunes dans la schizophrénie.
Le risque suicidaire est important dû au passage à la phase mélancolique (25 à 30% des patients feront une tentative de suicide), mais aussi au risque social dans la phase maniaque. On constate également une forte tendance à la conduite addictive (50 à 60% des malades auront une conduite addictive à l'alcool, la drogue, au jeu, aux achats...).
Le retentissement qu'à la maladie sur le relationnel des sujets avec leur environnement est important et seul un médicament régulateur de l'humeur pourra permettre au malade de vivre "normalement". 

Le tueur d'Orlando souffrait de troubles bipolaires

 

La manie

 

L'accès maniaque débute le plus souvent progressivement et s'étale sur plusieurs jours avec une irritabilité en hausse, une modification de l'humeur. Le sujet ne dort presque plus et montre une activité identique le jour et la nuit. Il épuise son entourage par sa propension à être dans l'excès que ce soit sur le plan thymique, comportemental, cognitif. Ne se contentant pas de vivre seul cet épisode, il veut en faire participer les autres et peut se montrer agressif quand ceux-ci le rejettent. Sa pensée peut montrer une forme diffluente (fuite des idées) ou au contraire une tachypsychie (une accélération de la pensée) avec une forte logorrhée. Les idées sont souvent de l'ordre mégalomaniaque : le sujet va élaborer des projets grandioses, car il se sent tout puissant. La pensée se révélera finalement très superficielle en rentrant en contact avec la réalité. Le sujet a un comportement excessif marqué par un excès d'activités qui peut être accompagné par une désinhibition d'ordre sexuel, ou de rapports sexuels anarchiques non protégés qui peuvent l'exposer aux MST.
La manie peut entrainer chez le sujet qui ne tolère alors aucune frustration des incidents qui peuvent avoir des répercussions sur lui-même, mais aussi sur son cercle familial ou amical (dépenses excessives, addiction au jeu, prise de décision inconsidérée, achat ou vente de maison, excès de vitesse, mise en danger...).
 

 

La personnalité psychopatique ou personnalité asociale

 

La personnalité est dite pathologique quand elle devient rigide. C'est-à-dire que ses réponses sont inadaptées à une situation donnée. Dans le cas de la personnalité psychopathique, ses conduites sont marquées par l'impulsivité, l'imprévisibilité, l'intolérance aux frustrations accompagnée d'une instabilité affective, sociale et professionnelle.
La tromperie et la manipulation sont au centre de la personnalité antisociale.
Ce sont les hommes qui sont les plus sujets à cette pathologie avec une prédominance au suicide, aux conduites à risques, addictives qui diminuent dans le temps. Le niveau d'étude chez ce type de sujet est généralement assez faible.
Lorsqu'il est enfant, le futur psychopathe va présenter des manifestations colériques, d’agressivité envers sa famille et les autres enfants, et une opposition à ses parents. Le fait d'avoir été victime de sévices, d'abandon est un prédicateur de son comportement antisocial sévère à l'âge adulte.

Tout au long de sa scolarité, de nombreux troubles du comportement seront relevés pouvant amener à son renvoi. A l'adolescence, les troubles augmenteront avec l'apparition d'une conduite souvent du type délinquante, une sexualité précoce, des conduites addictives (alcool, drogue).
A l'âge adulte, l'instabilité continue de grandir et la tolérance à la frustration est de plus en plus problématique avec augmentation de passage à l'acte délictueux (agressions, tentatives de suicide, fugues, etc.).

La personnalité psychopathique n'éprouve ni culpabilité, ni honte, ni remords. Il agit avec une absence totale d'empathie envers son prochain et parfois même avec du mépris vis-à-vis de celui-ci. Ses relations sont souvent peu durables, mais peuvent s'étaler dans le temps si le psychopathe y voit son intérêt. C'est un manipulateur qui aime tromper l'autre souvent pour son propre plaisir ou pour son profit. Il ne reconnait pas la loi, la méprise et gère sa vie par rapport à ce qu'il estime être sa propre loi. Il est incapable de s'amender et rejette souvent la faute sur les autres et sur la société.

Charles Manson, psychopathe
 

La personnalité limite ou Borderline

 

Trouble de la personnalité qui débute à l'adolescence avec une prédominance chez les enfants instables, hyperactifs. L'état-limite se retrouverait chez 10 à 15% des adolescents.
Ce type de personnalité serait plus courant chez les filles : 18 % contre 10% de garçons avec des antécédents d'abus sexuels fréquemment retrouvés.  Dans 70% des cas d'abus, on note également des maltraitances physiques avec trace d'énurésie.
L'acmé se situe autour de la trentaine où le risque suicidaire est le plus important. Son évolution peut conduire après 40 ans vers un comportement asocial.
C'est la symptomatologie multiple qui définit le mieux ce type de personnalité. Du point de vue cognitif, on repérera des troubles de l'attention avec difficultés de planification des tâches. Sur le plan affectif, un sentiment d'abandon par autrui ou de rejet est fréquent accompagné d'une certaine mésestime de soi.
Le sujet se met facilement en colère avec des décharges de type clastiques ( mouvements violents allant jusqu'à briser des objets ), souvent soudaines. Son comportement est impulsif ce qui peut l'amener à des conduites dangereuses. Les troubles de conduites sont fréquents avec possible tentative de suicide ou d'automutilation (vécues comme exutoires permettant de décharger la tension psychique).
L'alcool est souvent présent chez ce type de personnalité tout comme la prise de drogues.
Sa relation à autrui est basée sur une relation dite de type anaclitique (le sujet s'appuie sur l'autre. Quand celui-ci s'en va ou disparaît, le monde de la personne-limite alors s'écroule).
L'état-limite peut être accompagné d'un état dépressif souvent exprimé par un sentiment de colère ou de vide plutôt que par de la tristesse.
Le tableau clinique peut présenter un tableau d'allure psychotique avec une peur troublée de la réalité.
Le clivage domine le psychisme de cette pathologie : tout est bon d'un côté et mauvais de l'autre. La personne a conscience de ces deux parties qui coexistent en elle, mais la problématique tient à ce qu'il n'y a pas de synthèse harmonieuse entre les deux.
La personnalité-limite a une perception correcte de la réalité.
 

La personnalité perverse

 

Le pervers est celui qui est susceptible de faire du mal et d'en ressentir une jouissance. Les comportements sexuels sont aberrants avec des mises en scène plus ou moins élaborées dont l'autre est l'objet. Il exerce sur l'autre une relation d'emprise et vit dans le déni de ce qui est extérieur à lui. Il ne ressent aucune culpabilité ni empathie et est incapable de discerner les émotions de l'autre reléguant la personne à la place d'un objet qu'il domine au gré de ses fantasmes (souvent brutaux).
La personnalité perverse redoute souvent les moments où ses pulsions agressives surgissent à cause d'un potentiel effondrement psychique. Il est marqué par un besoin omniprésent de contrôle et est souvent difficilement détectable par les forces de l'ordre lors de passages à l'acte meurtrier, car il agit souvent avec calme, de façon rationnelle.
S'il est arrêté, le pervers va se délecter de l'horreur qu'il lira dans le regard de l'autre et rencontrera autant de plaisir à narrer ses actes monstrueux. (par exemple, Ed Kemper)

Ed Kemper


De nombreuses autres pathologies peuvent conduire aux crimes. Parmi elles, on peut citer trois affections neuropsychiatriques :

 

La démence

 

Elle est caractérisée par l'affaiblissement global et durable des fonctions supérieures (raisonnement, jugement, orientation, capacités attentionnelles) qui peuvent entraîner des difficultés d'adaptation sociale ou professionnelle.
Les troubles du langage seront variables, mais présents tout au cours de la démence avec un appauvrissement du vocabulaire. Des troubles de coordination moteurs et la faculté de reconnaitre un objet, de se le représenter, de comprendre sa signification seront également présents. Des troubles de la mémoire s'installeront également et toucheront d'abord la mémoire à court terme, mais peu aussi tendre par la suite vers la mémoire à long terme.
Le comportement peut devenir indifférent avec un laisser-faire qui s'installe, du désintérêt, de l'indifférence, de l'émoussement affectif avec augmentation des colères et de l'égoïsme.
Le dément peut développer une hypocondrie, des idées de persécution, des idées incohérentes, avoir un comportement menant à l'exhibition. Le dément peut avoir une tendance à donner des coups et blesser autrui volontairement.


Le retard mental

 

Il est défini par une arriération et un quotient intellectuel égal ou inférieur à 70 accompagné par des particularités comportementales (du type comorbidité avec épilepsie).
Le retard mental a une origine inconnue pour 30%, correspond aux trisomiques 21 pour 33%, aux maladies héréditaires, problématiques chromosomiques sexuelles (anomalie du X chez les sujets masculins), et aux agressions sur les fœtus ou sur les enfants en bas âge pour le dernier tiers.
On rencontre une plus grande importance des troubles psychiatriques chez les personnes souffrant d'un retard mental. Parmi eux, on peut nommer les troubles affectifs et schizophréniques, troubles de la personnalité et de l'adaptation sociale. Le sujet a des difficultés à se projeter sur le long terme et ne mesure pas la portée de ses actes.
L'interaction entre le sujet et son environnement familial et social est primordial afin de contenir une dangerosité potentielle qui peut grandir si l'environnement est trop fluctuant amenant une désorganisation de la personnalité avec des réactions dépressives ou caractérielles.
La personnalité du retardé mental s'inscrit le plus souvent sur un mode passif-agressif ou dépendant et sont souvent des personnalités facilement manipulables par autrui. 

 

L'épilepsie



Affection chronique marquée par des crises dues à l'activation subite et simultanée d'un grand nombre de neurones dans le cerveau. De nombreuses formes d'épilepsie existent conduisant à des problématiques variées : troubles de comportements, tentatives de suicide, confusion mentale, état délirant, syndrome dépressif. 
5 à 8 % des personnes épileptiques sont sujets à des épisodes psychiatriques aigus.
La violence chez les épileptiques concerne surtout une population masculine âgée de moins de 40 ans, avec un QI inférieur à la moyenne, un niveau socio-économique plus bas que la moyenne, et ayant subi des maltraitances dans l'enfance. La violence peut aussi être liée à la présence de lésions cérébrales et à l'existence des multiples crises.
Le sujet conserve une orientation dans le temps et dans l'espace ainsi que son adaptation à la vie quotidienne. Si son état crépusculaire ( état caractérisé par une baisse plus ou moins importante et durable du niveau de la vigilance ) se prolonge, le sujet peut présenter des fluctuations de son état de conscience avec des passages oniroïdes délirant et hallucinatoire.
Les troubles graves demeurent exceptionnels.
L'épilepsie peut amener divers remaniements de la personnalité avec impulsivité, et troubles caractériels devenant alors à l'origine de la violence.

 

De nombreuses recherches restent à mener pour comprendre encore les motifs des passages à l'acte des meurtriers. Ces quelques définitions de pathologies mentales sont là pour vous aider à mieux comprendre les divers troubles qui peuvent marquer la personnalité meurtrière et sont bien entendus non exhaustives.

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